20110831

Brancusi / Serra


Richard Serra - The Consequence of Consequence - 2 blocs identiques d'acier forgé résistant aux intempéries - 2011

Fondation Beyeler. 21 août.
Voici encore une affiche attirante de la fondation bâloise, que je ne voulais rater sous aucun prétexte... Il était temps car ce jour était celui de la dead line de l'exposition !
On pouvait prétendre très bancale l'idée d'un accrochage mêlant ces deux sculpteurs d'époques différentes... Le pari n'est pas complètement réussi, mais il tient debout. Peu d'espaces présentent les deux artistes mêlés. Les quelques salles où cela se produit ne permettent pas une articulation logique entre eux.
Finalement, on pourrait dire que réunir l'équilibre incertain d'une masse de féraille et l'envol léger d'un oiseau de pierre est un pari difficile. Bien que Serra se soit beaucoup inspiré du maître de la sculpture moderne, il est bien compliqué aujourd'hui de les fondre dans un même espace.
Cette visite permet néanmoins, comme toujours chez Beyeler, de visionner un nombre important d'œuvres majeures et bien montrées.
En tous cas, le prochain évènement muséal de la fondation s'annonce tout aussi alléchant : Louise Bourgeois. A l'infini. Un avant goût peut être perçu dans certaines villes suisses, dont Zürich, où des araignées géantes ont déjà pris place...

Lien :
Fondation Beyeler

20110713

Raphaëlle Paupert-Borne et Camille Saint-Jacques


Raphaëlle Paupert-Borne

Le Crac le 19 de Montbéliard présente pour l'été une exposition en deux parties, voire même deux expositions différentes.
D'une part, la plus grande partie du bâtiment est investie par les peintures et dessins de Raphaëlle Paupert-Borne sous le titre de : Au fil des jours. Un trait de crayon ou de pinceau naïf qui dépeint le quotidien, les rencontres réalisées au long de ses voyages.
D'autre part, la salle de l'étage est occupée par les dessins mystérieux de l'artiste Camille Saint-Jacques : des paysages enfermés dans des cadres peints à même le papier. Journées, titre de l'accrochage, est un poétique qui nous perd le temps d'un regard sur les formes et les couleurs.
Néanmoins, on regrette que les deux artistes ne soient pas plus liés par la scénographie. Le parti pris de les séparer propose deux expositions distinctes. Pourtant les deux voyages qu'ils nous font faire pourraient se rejoindre et créer un même chemin...

Lien :
Crac le 19

20110620

Art | Basel 2011


Il y a eu l'édition 2010 que j'avais jugée fade à cause de la partie Art | Unlimited qui était relativement décevante. Cette année, plus grande encore fut la déception de ne découvrir aucune œuvre réellement monumentale, pourtant présentée dans un espace de taille impressionnante. Art | Unlimited constitue une partie incontournable de la foire et en est selon moi la principale richesse. Seulement les limites n'y sont plus dépassées... On espère réellement mieux pour l'an prochain.
Dès l'arrivée sur la Messeplatz, on est étonné de la trouvé déserte, sans installations, sans sculptures... une première.
Pour ce qui est de la foire (côté Art | Galleries), c'est comme tous les ans l'occasion de voir des œuvres inédites, en tout genre, et de réaliser un tour du monde des galeries et de la création contemporaine.
Edition sans surprise et c'est très décevant pour 24 euros de droits d'entrée.

Lien :
Art | Basel

Pour une république des rêves


Une proposition de Gilles A. Tiberghien au CRAC Altkirch, jusqu'au 11 septembre.
La république des rêves, si loin soit elle de la réalité est illustrée, imaginée, montrée sous tous ses aspects dans l'espace rhénan d'art contemporain.
Une exposition extrêmement riche en œuvres des différentes collections des FRAC du grand Est. Même si une bonne partie des pièces m'étaient connues (déjà présentées au FRAC Lorraine, ou ailleurs) elles sont néanmoins incontournables dans une exposition sur l'utopie d'un monde de rêveries.
Edith Dekyndt est présente avec deux travaux qui fonctionnent très bien : Major Tom (ballon gonflé à l'hélium qui flotte dans l'espace) et One second of silence (vidéo d'un drapeau transparent à New York). Mais l'exposition regroupe aussi de très grands artistes, Hamish Fulton, Richard Long, Xavier Veilhan, Robert Filliou, Roman Signer.
Photographies, vidéos, dessins, installations, sculptures, une variété des média qui va même jusqu'à une performance unique de la nature la nuit du vernissage... une éclipse de lune : le rêve se prolonge jusqu'au bout de la nuit !
Encore une fois, le CRAC propose un parcours qui saura faire rêver et être apprécié.
A voir absolument.

Lien :
CRAC Alsace

20110529

Our House in the middle of our street


Maison des arts de Malakoff, sur une invitation de Jeanne Susplugas et jusqu'au 17 juillet 2011, une trentaine d'artistes ont répondu au thème de la maison. Cet espace où l'homme organise sa vie intéresse beaucoup d'artistes... En voici la preuve.
Dans un centre d'art qui m'était totalement inconnu, j'ai pu découvrir une exposition simple mais efficace, en accord avec le lieu et qui présente une série d'œuvres de grande qualité.
Bien qu'un peu loin de Paris, je pense que Our house in the middle of our street vaut le détour.
A voir à la maison des arts de Malakoff.

Lien :
Maison des Arts - Malakoff | Our house in the middle of our street

Paris - Dehli - Bombay


Orlan - Draps-peaux hybridés | Accueil de l'exposition

L'art indien s'expose maintenant au centre Pompidou, en lien cette fois avec des artistes parisiens.
Maintenant car il existe déjà une exposition appelée Indian Highway au MAC Lyon qui m'avait déjà beaucoup impressionnée.
Les artistes indiens présents à Beaubourg sont en grosse partie les mêmes, c'est pourquoi je ne répéterai pas ce qu'il est dit ici.
Néanmoins j'aimerais souligner l'intelligence de la scénographie de l'exposition parisienne ainsi que la subtile inscription des artistes occidentaux.
Entre autres, un très bon film de Camille Henrot Le songe de Poliphile - 2011.
De plus, l'expo est abondante.
A voir.

Lien :
Paris - Dheli - Bombay au centre Pompidou

François Morellet - réinstallations


Le titre de cette exposition illustre tout à fait ce qui y est présenté. A savoir, une sorte de mini-rétrospective à travers les différentes installations de l'artiste de 1963 à nos jours.
Nous retrouvons donc le hasard, la perception des couleurs, de la lumières, des lignes chers à l'artiste. Sans oublier le côté dada, heureusement, car il enrichit quelque peu l'exposition.
Néanmoins il s'agit d'un parcours peu original dans une scénographie relativement simple.
Peut-être que les œuvres relèvent trop d'un même registre ; elle se ressemblent un peu.
Réinstallations, pour REvisiter l'univers de Morellet.

Lien :
Morellet au centre Pompidou

Monumenta 2011 - Leviathan


Monumenta est devenu l'évènement incontournable de l'art contemporain parisien en début d'été. En 2010, Christian Boltanski exposait Personnes en surprenant déjà...
On attendait avec impatience l'intervention d'Anish Kapoor... et le résultat est tout simplement hallucinant.
Une grande prouesse technique et une audace sans précédent font de cette exposition un coup de tonnerre dans l'art contemporain. L'installation la plus grosse jamais réalisée en toile PVC occupe le Grand Palais jusqu'au 23 juin et ne doit être ratée sous aucun prétexte.
On doit l'avouer, l'intervention de l'artiste est moindre dans la réalisation et la conception de la pièce. Mais le génie est parfois d'avoir le culot de penser réaliser une chose pareille !
La visite débute par l'entrée dans cette bulle organique rougeâtre, dont la luminosité dépend de la hauteur du soleil au-dessus de la grande verrière. Les ombres de l'armature métallique du toit sont magnifiques, le son est étrange, la sensation d'un besoin de voir plus loin sans en être libre est frustrante. J'étais presque déçu en sortant car je pensais que l'accès en était restreint à cet intérieur. Mais nous sommes ensuite invités à en faire le tour depuis l'extérieur... et là, on entre simplement dans une autre dimension.
Je reste abasourdi par cette installation qui me laisse perplexe pour l'artiste qui devrai investir le lieu pour la Monumenta 2012 ! Difficile de faire mieux !
Tout ce qui n'est pas monumental dans tout ça, c'est le prix ! 2.5 euros en tarif réduit, 5 euros en plein tarif !

Lien :
Monumenta 2011

L'anabase


L'anabase de May et Fusako Shigenobu, Masao Adachi et 27 années sans images - Eric Baudelaire à la Synagogue de Delme, jusqu'au 25 septembre.
Le Centre d'art lorrain propose ici une exposition extrêmement complexe à saisir lorsque l'on a pas toutes les clés en main.
Sont présentées des sérigraphies monochromes sur des portes et 1 film d'une heure environ. Le lien n'est pas évident entre les deux.
L'anabase est un voyage, terme qui contient étymologiquement à la fois un départ, puis un retour. C'est une sorte d'Odyssée d'Ulysse.
Cette exposition parle donc de voyage(s). Voyage(s) de plusieurs personnages, de l'artiste lui-même, d'une pensée, d'idéologie,...
C'est l'histoire croisée d'une fille exilée au Liban, avec sa mère inconnue, prisonnière politique au Japon et celle d'un cinéaste, parti lui aussi au Liban avec l'armée Rouge japonaise. Avec toute la documentation nécessaire à sa compréhension plus une conférence de l'artiste sur son actuel projet de l'anabase, l'exposition devient la vitrine d'une histoire passionnante.
Tout de même, j'apprécie quand le travail d'un artiste parle de lui-même et permet une prise de conscience et une compréhension directe de la part du visiteur. On en demande peut-être trop cette fois à Delme...

Lien :
Synagogue de Delme

Berni Searle


Snow White [Blanche-Neige] - 2001

Du 20 mai au 18 septembre, le FRAC Lorraine propose une exposition monographique de l'artiste d'Afrique du Sud Berni Searle. Présentée dans le cadre d'une rétrospective en Belgique et Hollande.
Exclusivement vidéographique, l'exposition demande un temps de visite conséquent et une concentration importante. Ce qui, lors du vernissage notamment, est très difficile à avoir.
La plupart des oeuvres parlent d'une réalité sociale d'Afrique du Sud, l'un des pays du monde où les inégalités sociales sont les plus fortes et où les pauvres sont majoritairement noirs.
Le FRAC Lorraine reste fidèle à lui-même en montrant de la vidéo... Ce n'est pas sa meilleure exposition.

Lien :
FRAC Lorraine

20110509

Echos - Buren


Exposition in-situ au Centre Pompidou-Metz, jusqu'au 9 septembre.
Pour cette première exposition (après l'inauguration), Daniel Buren "artiste officiel", l'une des stars de l'art français, a été invité à s'approprier le lieu.
Pour cette fois encore, il ne surprendra pas le visiteur aguerri ! Le nom de l'exposition était une piste à ce qui allait être dévoilé... C'est sans grande surprise !
Longue de 80 mètres, la galerie 3 offre une vue toute particulière sur la ville de Metz et sa cathédrale.
Séparée en deux pour les deux travaux in-situ, Buren a choisi dans un premier temps de morceler l'espace avec des sortes de cabanes sans toit, encastrées les unes dans les autres, offrant au visiteur un parcours coloré anguleux, qui parait se répéter mais qui n'offre jamais le même espace de déambulation. Dans l'autre partie, il a voulu mettre en valeur cette vue imprenable en la démultipliant dans un jeu de miroirs qui rend l'espace infiniment grand. La galerie des glaces s'invite à Metz.
Finalement, Buren propose ici de multiples échos. D'une part les reflets dans les parois de ces cabanes ou sur les murs miroitants, d'autre part l'écho entre deux visions d'un espace à l'intérieur d'une même galerie. Autrement dit, comment faire ressentir une sensation extrêmement différente au visiteur alors qu'il est dans le même espace d'exposition.
Sans oublier, par-ci par-là, la signature infaillible de 8,7 cm de large !

Lien :
Buren au Centre Pompidou - Metz

Le granit et la savoureuse


Julie Legrand présente une exposition à la galerie belfortaine du 7 mai au 19 juin.
Alliance de matériaux riches et pauvres, mous et durs, industriels et naturels,... L'installation in-situ, qui répond directement à l'architecture du lieu joue sur les rebonds, du ciel à la terre, de la terre à l'eau, de l'eau au ciel. Jeux de miroirs, de mises en abîme.
Très poétique, les formes abstraites de l'artiste prennent bien possession de la galerie, sans toutefois transcender l'esprit du visiteur !
Le travail du verre relève néanmoins d'un grande maîtrise de la technique.

20110505

L'idée de nature


Daniel Knorr - Scherben bringen Glück - série de 12 pièces - verre, métal, colle - 2008

Kunsthalle de Mulhouse, du 21 avril au 22 mai.
La nature a bien évolué depuis l'hommage que pouvaient lui rendre les romantiques. L'homme vit désormais avec une nature qu'il détruit peu à peu.
L'idée de nature dans cette exposition est celle que l'on peut avoir aujourd'hui, entre art conceptuel post land art, graphisme, design ou utopie.
Cette exposition a le mérite de présenter artistes confirmés tels que Cy Twombly ou Bernard Moninot aux côtés d'étudiants des écoles d'art de Strasbourg et Mulhouse.
Une scénographie particulièrement bien soignée relooke pour l'occasion le centre d'art qui est organisé avec des cimaises. Toute la visite se fait sous la pression sonore de la vidéo Plan for Victory d'Elodie Pong (déjà présentée à Metz pour l'exposition Le pire n'est jamais certain - collection FRAC Lorraine). Cette œuvre pour le moins pessimiste qui illustre l'impact humain sur l'environnement prend ainsi le dessus sur les tentatives d'utopies.
De belles pièces en général, autant en design avec les lunettes de Daniel Knorr qu'en photographie avec Lee Friedlänger et avec une approche architecturale et environnementale très intéressante de Lara Almarcegui : Abris de jardin à Phalsbourg.
Néanmoins, quelques œuvres restent très conceptuelles et difficilement saisissables, ce qui n'est pas surprenant dans les expositions de la Kunsthalle !
A voir.

Lien :
Kunsthalle Mulhouse

20110503

...with a mental squint


"And learn to look at all things
With a sort of mental squirt
"
Lewis Caroll in Poeta Fit, Non Nascitur

Effectivement, mieux vaut avoir conscience de cette phrase en visitant cette exposition... Encore faut-il réussir à définir puis employer un strabisme mental !
Autrement dit, les quelques pièces présentées dans cet accrochage ne m'ont pas paru sensationnelles !
Une série de peintures relativement pauvres autour d'une installation difficilement saisissable...
Heureusement, une œuvre apporte du dynamisme et fonctionne très bien : sans titre d'Arnaud Vasseux. Un grand filet synthétique bleu qui par une rotation perpétuelle entraîne le matériau tel de la soie dans une valse rythmée.
Il est rare que l'exposition du CRAC le 19 me déçoive ! Celle-ci n'y manque pas...
Jusqu'au 12 juin à Montbéliard.

Lien :
Crac le 19

20110430

We can be heroes


Espace Gantner de Bourogne - jusqu'au 25 juin.
Le monde virtuel des jeux vidéos s'invite à Gantner pour une exposition d'art contemporain.
Le jeu vidéo est un médium à part entière dans l'art aujourd'hui, dans une société de cyberculture et d'intelligence collective.
Nous retrouvons ici une manière originale de revisiter le réel, avec une série de vidéos irrésistibles de Benjamin Nuel, qui s'amuse à détourner les personnage de Counter-Strike pour les faire évoluer dans un univers dérisoire, où terroristes et agents de sécurité agissent ensemble contre une menace surréaliste.
Une dose d'interactivité replace le jeu vidéo dans son contexte et permet au visiteur de garder le contrôle !
Allez-y, c'est gratuit.

Lien :
espace gantner - We can be heroes

Le génie de l'Orient


L'Europe moderne et les arts de l'Islam - au musée des beaux-arts de Lyon, jusqu'au 4 juillet.
Cette grande exposition propose une grande richesse de peintures, tissus, dessins et autres créations de l'art islamique. La finesse des décors, l'alliance parfaite des couleurs et la beauté des motifs utilisés sont absolument bluffantes.
De plus, le lien établit entre les peintres modernes européens Matisse et Klee est judicieux. Ces peintres ont eu des révélations en découvrant l'art de l'Islam et l'accrochage en rend bien compte.
Seul bémol à l'exposition, la scénographie impose au visiteur la traversée des salles de peintures des XVIe et XVIIe siècles du musée pour ce rendre dans la dernière galerie du Génie de l'Orient. Regrettable à la fin d'un si beau parcours.
A voir.

BF15- Ludovic Chamarin ®


Ludovic Chamarin était un artiste. Il a cessé d'exercer en 2005. Damien Beguet microclimat lui a acheté son œuvre. P. Nicolas Ledoux a signé un contrat avec Damien Beguet microclimat afin d’obtenir la licence d’exploitation exclusive de l’œuvre de Ludovic Chemarin.
Suite à cela, la BF15 avec Damien Beguet microclimat et P. Nicolas Ledoux organise une sorte de mini-rétrospective de Ludovic Chamarin, devenu une marque déposée.
Les contrats sont exposés, aux côtés d'œuvres plastiques et photographies.
Une petite exposition qui marque l'image d'un artiste face à son œuvre et face à sa réussite ou sa faillite artistique. Une navigation entre statut juridique, statut économique et statut artistique, parfois explosive !
A voir jusqu'au 21 mai.

Lien :
BF 15 - Ludovic Chemarin ®

Pascale Marthine Tayou - Always all ways


Le dernier étage du MAC Lyon transformé pour l'occasion en Tayou World ! Jusqu'au 15 mai 2011, Pascale Marthine Tayou nous propose de visiter son univers.
"Je désire que le public rentre dans mon monde." C'est réussi. Cette exposition nous montre le Cameroun vu par Tayou avec un stand d'épices, des couleurs, des tissus, de l'animation en pagaille. Et fondu dedans, on retrouve le côté Pop des caissons lumineux et des enseignes clignotantes de l'art contemporain.
Une exposition qui plaira d'abord aux enfants.
Cela se poursuit dans toute la ville avec des interventions multiples du plasticien. Mais tout n'est pas très clair dans cette disposition et les œuvres se perdent un peu. Peut-être est-ce la volonté de Pascale Marthine Tayou qui souhaite mélanger les origines. Mais cela ne fonctionne pas très bien.
Peut-être l'exposition aurait-elle du se limiter au musée... Je le crois bien.

Lien :
MAC Lyon

Indian Highway IV


Valay Shende - Transit - acier inoxydable, écrans vidéo - 2010

L'art indien prend ses quartiers au Musée d'Art Contemporain de Lyon, du 24 février au 31 juillet. Deux étages sont entièrement consacrés à des artistes contemporains indiens, souvent très surprenants dans leur manière de montrer les vérités du monde qui nous entoure.
Indian Highway est une exposition qui évolue à chacune de ses étapes. Elle est déjà passée par Londres ou Oslo avec des artistes indiens bien connus du monde entier et qui travaillent à l'échelle du globe. A Lyon, les 2000m² offrent une nouvelle vision avec des artistes qui sont concentrés sur une réalité indienne plus "complexe".
Notre visite dépasse alors l'approche folklorique pour entrer face aux problématiques proposées par les artistes.
Ce qui fait la force de cette exposition est sans doute la faculté de l'art indien de ne pas se limiter pour exprimer des idées fortes, engagées. A savoir, la réalisation d'œuvres osées ou monumentales ne leur fait pas peur et c'est là que le spectateur est bluffé. A plusieurs reprises, la dimension des œuvres exposées et le travail demandé pour leur réalisation apparaît au visiteur comme une prouesse.
L'art dans toute sa splendeur : exprimer clairement une idée tout en proposant une pièce techniquement et esthétiquement réussie ! Par exemple : l'œuvre tout à fait incroyable de Valay Shende : Transit (photo). Cela illustre un problème social indien de façon limpide. Le résultat est surprenant, à échelle 1, ce camion est exclusivement composé de pastilles de fer soudées les unes aux autres. Diamètre des pastilles : environ 2,5cm.
A voir absolument.

Lien :
MAC Lyon

20110409

Entre - temps


Comme le trait qui relie les deux mots de son titre, cette exposition relie les deux artistes Blanca Casas Brullet et Pierre Yves Freund dans la Galerie du Granit à Belfort.
Deux chemins qui suivent la thématique du temps, d'une évolution des corps, des matières.
Blanca Casas Brullet montre (par la photo ou la sculpture) des brouillons, des ratés qui deviennent parfois des œuvres plus intéressantes que les projets parfaitement aboutis.
Pierre Yves Freund lui, s'intéresse plus à la matière et son évolution. L'empreinte, l'équilibre et la transformation sont ici imagées par différentes pièces.
Cette exposition très poétique est l'image d'un art qui ne cherche pas à véhiculer un message particulier, mais que l'on aime juste regarder parce qu'il montre la magie des matières, du temps et de la lumière que ces artistes savent manier.
A voir jusqu'au 24 avril.