20111112


Résonance de la Biennale de Lyon 11, Les enfants terribles sont présentés dans le nouvel hôtel de région, au confluent, à deux pas de la Sucrière.
Une exposition essentiellement picturale avec des peintures/illustrations relevant de deux mouvements que sont le Lowbrow et le Pop Surréalisme.
Des environnements différents mais tout aussi "flippants". Un mélange de Tim Burton, Salvador Dàli et de dessin de presse. Etrange... Quelquefois tellement kitsch et dégueulasse que ça en devient presque beau !
Je regrette néanmoins la scénographie qui module l'expo comme une foire d'art avec chaque artiste séparé et je pense qu'il eût été intéressant de confronter des œuvres classiques et surréalistes desquelles les contemporains se sont inspirés.

Lien :
Biennale de Lyon - Les enfants terribles

Ainsi soit-il


Sophie Calle - Le Confessionnal - 1983

Musée des Beaux-arts de Lyon - jusqu'au 2 janvier 2012.
Il s'agit (d'extraits) de la collection Antoine de Galbert exposés dans l'espace des d'expositions temporaires et liés à certaines œuvres de la collection du musée.
De grands noms tels que Jan Fabre, Christian Boltansky, Roman Opalka, Sophie Calle se marient à des peintures ou objets d'autres époques...
Troublants, surprenants, bouleversants, dégoûtantes, repoussants, tous les travaux montrés relèvent d'une certaine fatalité et sont l'image d'un chemin que l'on sera contraint de suivre.
Une belle exposition qui laisse néanmoins (encore une fois) apparaître la faiblesse de la signalétique du musée qui guide très mal le visiteur depuis l'entrée jusqu'à la salle, sans traverser toute la collection.
Ma foi, ainsi soit-il !

Lien :
Ainsi soit-il au MBA de Lyon

20111106

A crédit et en multiplex


Gaëlle Retière et Elise Sorin à la galerie L'attrape-couleurs.
L'idée est intéressante car elle se veut rendre compte de l'importance apportée à la culture dans nos villes.
Seulement, la mise en forme et en espace de ces recherches montre un dispositif complexe dans lequel la démarche est compliquée à saisir.
Les éléments présentés nous font comprendre qu'il s'agit d'une étude sur le budget alloué aux institutions culturelles (avec un graphique animé projeté) en lien direct avec des projecteurs activés ou désactivés sans arrêt. Je n'ai pas vu quel était le moyen pour définir cette action. A cela, on ajoute la diffusion de textes (très intéressants) sur l'information et son rôle dans la société actuelle.
Une exposition donc très complexe qui mériterait sans doute une explication des auteurs... et c'est bien dommage !

Lien :
L'attrape-couleurs

Rendez-vous 11 - IAC Villeurbanne


Graffiti, 2008-2010 - Camille Llobet

Cette exposition est une plateforme internationale dédiée à la jeune création. Vingt jeunes artistes (dix résidant en France), représentants des 5 continents présentent leur travail.
La plupart des œuvres sont très difficiles à comprendre, peut-être car elles veulent être le reflet d'une société tout aussi complexe !
Dans ce parcours qui n'aura pas su attiser un grand intérêt de ma part, je retiendrai néanmoins le travail de Matheus Rocha Pitta qui en décortiquant le système d'échanges de positions, flux économique lié à la consommation. En résulte une installation liant convenablement photographie et "sculpture". [Carnet d'offres et Figures of onversation]
Sans plus.

Lien :
IAC Villeurbanne

Coup d'éclat - Fort du Bruissin


Las Joyas de la Corona [Les Joyaux de la Couronne](Stade national du Chili) - Carlos Garaicoa

Le fort du Bruissin est un bâtiment militaire situé à Francheville, à une quinzaine de kilomètres à l'Ouest de Lyon. Il a été construit par Séré de Rivières qui bâtit des édifices de défense à l'extérieur des villes pour mieux les protéger.
La ville rachète le lieu en 1989 afin de le revaloriser : elle en fait un site culturel présentant un centre d'art contemporain, un lieu de découverte d'architecture défensive et un espace de loisirs en plein-air.
Quelle belle idée ! Le centre d'art contemporain prend donc ses quartiers dans les couloirs et salles de pierres froides, enterrées et sombres. La force du lieu influe fortement sur les pièces présentées mais son originalité rend la visite doublement intéressante.
Coup d'éclat est une exposition en résonance avec la Biennale de Lyon, principalement composée d'artistes d'Amérique du Sud. Au fort du Bruissin, les commissaires ont choisi de montrer la scène artistique argentine avec des artistes trentenaires, issus donc d'une même génération dont le soucis premier est de dépeindre la réalité économique et sociale complexe de leur pays. L'argentine vient de traverser une crise sans précédent qui a vu le système banquaire s'effondrer totalement.
Mon seul regret est peut-être que la vidéo est le médium le plus représenté dans l'accrochage, néanmoins la plupart des films projetés sont efficaces.
Cela vaut le déplacement ! A voir jusqu'au 5 février !

Lien :
Mairie de Franchville - Coup d'éclat au Fort du Bruissin

20111029

Les aventures de Tintin - Le Secret de la Licorne


Steven Spielberg s'est attaqué à l'immense œuvre d'Hergé...
Le résultat est une trilogie, dont le premier opus vient de paraître au cinéma.
Se voulant être fidèle à l'esprit de la bande dessinée, le réalisateur américain a choisi d'utiliser la technique de la captation de mouvement liée aux images de synthèse (une première au cinéma). L'effet est plutôt réussi, le tout en 3D pour être à la pointe !
Seulement, ce qui devait arriver arriva. Hollywood récupère le mythe créé en Belgique et vient transformer le jeune reporter en James Bond nouvelle génération, dans une histoire de Pirates des Caraïbes !
C'est donc un Tintin actualisé pour les enfants d'aujourd'hui (qui n'ont pour beaucoup jamais ouvert un album de ses aventures) qui permet à Spielberg de créer une fois encore un grand film commercial.
Cette adaptation cinématographique aura le mérite de faire connaitre Tintin dans le monde entier... Malheureusement, il n'est pas le reflet idéal de la bd d'Hergé.
Les deuxième et troisième volets ne réserveront pas beaucoup de surprises j'en suis certain...
Mieux vaut (re)lire la collection d'albums originaux !

Lien :
Les Aventures de Tintin sur Allociné

20111027

Bertrand Lavier, entre autres, au MAM Saint-Etienne Métropole


Bertand Lavier, Arcadia (détail), 1991 - de la série Objets peints

Bertrand Lavier au Musée d'art moderne de Saint-Etienne, l'affiche semble intéressante.
Mais ce n'est pas une exposition monographique de l'artiste mais surtout une pièce, créée spécialement pour un espace de ce musée, complétée par quelques œuvres issues de la collection, présentes dans l'accrochage permanent. Surpris, j'étais presque déçu. Composition en quatre couleurs, détail, tel est le titre de la pièce réalisée pour l'occasion, est une plateforme de 225m² recouverte de moquette colorée, qui reprend des motifs de terrain de sport. Cette installation apparaît alors comme une immense peinture au sol, rappelant des compositions modernistes de la peinture abstraite.
Finalement, c'est une exposition en hommage à Vicky Rémy qui aura su le plus me convaincre. Collectionneuse engagée, elle troquait dans les années 60 des œuvres contre des articles de mode de sa boutique de Saint-Tropez. C'est ainsi que sont montrées des archives et quelques réalisation (de la collection permanente du musée) de Robert Filliou, Tania Mouraud, Ben, Olivier Mosset,... Des amitiés fortes se sont liées avec les artistes qu'elle soutenait fortement, ici relatées par des correspondances. Cette exposition montre l'intérêt de cette femme pour la scène artistique internationnale et l'engagement qu'elle eût pour les acteurs de cette scène.
A voir aussi, jusqu'au 20 novembre, Damien Cabanes : Rétrospective, le monde coloré de l'artiste français nominé pour le Prix Marcel Duchamp 2011, entre abstraction et expressionnisme.
Et aussi, Lee Bae - œuvres récentes et Pizzi Cannella - Chinatown, Local Line 8 et Monumental ?. Beaucoup de petits accrochages, un petit peu confus d'un point de vue scénographique, qui offre néanmoins une multitudes de propositions différentes.

Lien :
MAM Saint-Etienne

20111006

To Hug a Snake


Gaëtan Robillard - While the outlaws ..., 2010

Réfectoires des nonnes (Subsistances) - en résonance avec la Biennale de Lyon.
Le point de départ est un poème de D.H. Lawrence : Snake (1923), dans lequel un homme allant chercher de l'eau tombe sur un serpent. Les "voix" alors, que sont celle de sa morale, de son éducation et de sa position d'homme dominant, lui intiment de tuer l'animal. Il tentera par un geste hasardeux et ratera. Il en sortira finalement plus blessé que le serpent par sa maudite condition humaine.
Quelques artistes issus du programme post-diplôme de l'ENSBA Lyon réagissent. Dans une exposition cohérente et où le visiteur est sans cesse en question face à son éducation, ses sensations de domination,...
De la censure des dictatures avec Özlem Sulak, aux tentatives de résistance face aux lois de la nature (le cataclysme qui détruira notre monde) avec Jacques Loeuille en passant par l'étrange situation d'un petit brigand absorbé par le Leviathan que l'on rencontre dans une vidéo du même Jacques Loeuille et d'Emmanuel Van der Auwera, le parcours propose une approche singulière de la condition humaine.
A voir jusqu'au 15 octobre.

Lien :
To Hug a Snake

20111002

Biennale de Lyon - 11

Une terrible beauté est née... le 15 septembre à Lyon.
"Au cours de mes recherches, j'ai été touchée par la perplexité de William Butler Yeats qui, face à son propre présent, écrit le poème Pâques, 1916, dont le célèbre vers "une terrible beauté est née" donne son titre à la Biennale. Le poème porte sur l’insurrection de centaines de rebelles revendiquant la libération de l’Irlande par l’occupant britannique. Au premier abord, il se lirait comme l’éloge des martyres qui ont donné leur vie pour la cause indépendantiste. Mais en regardant de plus près, il devient clair que le poète est dans la perplexité et le doute. Indécis, le poème navigue entre affirmation, questionnement et négation. Il est fondamentalement en guerre contre lui-même."
C'est ainsi que la commissaire Victoria Noorthoorn invite le visiteur à un voyage sensoriel et intellectuel dont la destination finale est incertaine ou inconnue.


La résultat est en demi-teinte, dans quatre lieux présentant chacun les interprétations artistiques sur notre monde tortueux.
La Sucrière, en premier, offre un parcours relativement riche. Principalement des artistes d'Amérique du Sud, liés par le même désir de définir le présent. Dès l'entrée, vous êtes contraints à passer un seuil, œuvre d'Ulla Von Brandenburg... Vous montez sur les planches, vous êtes acteurs, bienvenue à vous.
Dans les trois étages de ce lieu, vous trouverez notamment un film d'animation presque inquiétant de Gabriel Acevedo Velarde ou encore une œuvre mystérieuse et surprenante d'Eduardo Basualdo : Le silence des sirènes.
La fondation Bullukian propose une vision plus architecturale et scientifique, avec entre autres l'artiste Yona Friedman. C'est dans ce lieu qu'est présentée une forme de réponse (certes incomplète) à la question : L'utopie est-elle encore possible ? - posée par l'évènement.
Le Musée d'Art Contemporain m'a déçu, avec une présentation plus complexe à saisir et certaines œuvres conceptuelles, excessivement étranges. Les artistes arrivent néanmoins à créer des ambiances qui rappellent à tous une terrible beauté. Soulignons dans ce monde parallèle la présence d'une pièce qui séduit le public : La Bruja de Cildo Meireles (présentée au FRAC de Metz il y a 2 ans).
Enfin, "nouveau lieu" de cette édition, l'usine TASE à Vaux-en-Velin. Une belle fin de parcours et non celle du voyage... La friche industrielle a su être investie par l'art contemporain, et même d'une façon extraordinaire avec l'installation de Jorge Macchi appelée Marienbad.
A voir en partie !
Une sublime terreur va mourir... le 31 décembre à Lyon.


+ La résonance continue et prolonge indéfiniment le voyage dans Lyon et ses alentours... à suivre.

Lien :
Biennale de Lyon

20110915

Clémence Torres - entre parallèles


Galerie BF 15 à Lyon, résonance de la biennale d'art contemporain.
Première expérience de la biennale 2011 avec cette exposition qui lui fait écho, et de belle manière car c'est le lieu qui résonne dans les jeux de miroirs !
Clémence Torres, qui se joue de l'architecture originale de la BF15 en introduisant vitres et miroirs, modifie considérablement la perception du lieu.
Dès l'entrée, cela rappelle une exposition passée il y a peu de temps en cette même galerie : Peter Downsbrough (l'article de l'expo). Finalement, la démarche est semblable avec une appropriation du lieu par des moyens graphiques ou plastiques.
Clémence Torres offre ici le premier volet des résonances qui passeront par la BF15 et il vaut le coup d'être expérimenté !

Lien :
BF15

20110910

Japy Factory


Les chaises de Dieter Thiel

Après avoir visité la Japy Factory de 2010, j'attendais avec impatience le volet 2011 qui était annoncé comme encore plus grand et plus animé.
Mais quelle déception ! Les artistes exposés (un groupe d'amis, organisateurs de la manifestation) sont sensiblement les mêmes, et surtout présentant les mêmes travaux ou à peu près !
Du coup et à juste titre, on apprécie vraiment les quelques nouveautés(on peut les compter sur les doigts d'une main)...
La salle complète investie par les chaises du designer Dieter Thiel est une réussite. A cela, j'ajoute la démarche et le rendu final du travail vidéo de Pierre MJ Soignon qui est très intéressant.
Le Corbusier et Jean Prouvé étaient annoncés comme des artistes présents dans l'exposition, apportant ainsi une touche architecturale qui m'attirait particulièrement. Mais il s'agissait plus d'un accrochage hâtif de panneaux documentaires avec des textes extrêmement longs. On a finalement l'impression que leur nom a été ajouté à l'affiche pour attirer le monde.
La Japy Factory est une chance immense pour la commune de Beaucourt et ses environs, qui ne présentent pas souvent d'évènements artistiques d'une telle ampleur. Cette année, la chance est gâchée. Pour en être autrement, il faut innover à chaque "saison", savoir surprendre le visiteur en invitant de nouveaux artistes (pas forcément connus).
Cette année apparemment, les efforts ont surtout été portés sur la programmation musicale, qui s'étale sur toute la durée de la Factory et à laquelle les visiteurs occasionnels ne peuvent assister.
J'espère que la prochaine édition saura séduire par ses innovations et qu'il ne s'agira pas encore seulement d'une expo entre amis...

20110831

Brancusi / Serra


Richard Serra - The Consequence of Consequence - 2 blocs identiques d'acier forgé résistant aux intempéries - 2011

Fondation Beyeler. 21 août.
Voici encore une affiche attirante de la fondation bâloise, que je ne voulais rater sous aucun prétexte... Il était temps car ce jour était celui de la dead line de l'exposition !
On pouvait prétendre très bancale l'idée d'un accrochage mêlant ces deux sculpteurs d'époques différentes... Le pari n'est pas complètement réussi, mais il tient debout. Peu d'espaces présentent les deux artistes mêlés. Les quelques salles où cela se produit ne permettent pas une articulation logique entre eux.
Finalement, on pourrait dire que réunir l'équilibre incertain d'une masse de féraille et l'envol léger d'un oiseau de pierre est un pari difficile. Bien que Serra se soit beaucoup inspiré du maître de la sculpture moderne, il est bien compliqué aujourd'hui de les fondre dans un même espace.
Cette visite permet néanmoins, comme toujours chez Beyeler, de visionner un nombre important d'œuvres majeures et bien montrées.
En tous cas, le prochain évènement muséal de la fondation s'annonce tout aussi alléchant : Louise Bourgeois. A l'infini. Un avant goût peut être perçu dans certaines villes suisses, dont Zürich, où des araignées géantes ont déjà pris place...

Lien :
Fondation Beyeler

20110713

Raphaëlle Paupert-Borne et Camille Saint-Jacques


Raphaëlle Paupert-Borne

Le Crac le 19 de Montbéliard présente pour l'été une exposition en deux parties, voire même deux expositions différentes.
D'une part, la plus grande partie du bâtiment est investie par les peintures et dessins de Raphaëlle Paupert-Borne sous le titre de : Au fil des jours. Un trait de crayon ou de pinceau naïf qui dépeint le quotidien, les rencontres réalisées au long de ses voyages.
D'autre part, la salle de l'étage est occupée par les dessins mystérieux de l'artiste Camille Saint-Jacques : des paysages enfermés dans des cadres peints à même le papier. Journées, titre de l'accrochage, est un poétique qui nous perd le temps d'un regard sur les formes et les couleurs.
Néanmoins, on regrette que les deux artistes ne soient pas plus liés par la scénographie. Le parti pris de les séparer propose deux expositions distinctes. Pourtant les deux voyages qu'ils nous font faire pourraient se rejoindre et créer un même chemin...

Lien :
Crac le 19

20110620

Art | Basel 2011


Il y a eu l'édition 2010 que j'avais jugée fade à cause de la partie Art | Unlimited qui était relativement décevante. Cette année, plus grande encore fut la déception de ne découvrir aucune œuvre réellement monumentale, pourtant présentée dans un espace de taille impressionnante. Art | Unlimited constitue une partie incontournable de la foire et en est selon moi la principale richesse. Seulement les limites n'y sont plus dépassées... On espère réellement mieux pour l'an prochain.
Dès l'arrivée sur la Messeplatz, on est étonné de la trouvé déserte, sans installations, sans sculptures... une première.
Pour ce qui est de la foire (côté Art | Galleries), c'est comme tous les ans l'occasion de voir des œuvres inédites, en tout genre, et de réaliser un tour du monde des galeries et de la création contemporaine.
Edition sans surprise et c'est très décevant pour 24 euros de droits d'entrée.

Lien :
Art | Basel

Pour une république des rêves


Une proposition de Gilles A. Tiberghien au CRAC Altkirch, jusqu'au 11 septembre.
La république des rêves, si loin soit elle de la réalité est illustrée, imaginée, montrée sous tous ses aspects dans l'espace rhénan d'art contemporain.
Une exposition extrêmement riche en œuvres des différentes collections des FRAC du grand Est. Même si une bonne partie des pièces m'étaient connues (déjà présentées au FRAC Lorraine, ou ailleurs) elles sont néanmoins incontournables dans une exposition sur l'utopie d'un monde de rêveries.
Edith Dekyndt est présente avec deux travaux qui fonctionnent très bien : Major Tom (ballon gonflé à l'hélium qui flotte dans l'espace) et One second of silence (vidéo d'un drapeau transparent à New York). Mais l'exposition regroupe aussi de très grands artistes, Hamish Fulton, Richard Long, Xavier Veilhan, Robert Filliou, Roman Signer.
Photographies, vidéos, dessins, installations, sculptures, une variété des média qui va même jusqu'à une performance unique de la nature la nuit du vernissage... une éclipse de lune : le rêve se prolonge jusqu'au bout de la nuit !
Encore une fois, le CRAC propose un parcours qui saura faire rêver et être apprécié.
A voir absolument.

Lien :
CRAC Alsace

20110529

Our House in the middle of our street


Maison des arts de Malakoff, sur une invitation de Jeanne Susplugas et jusqu'au 17 juillet 2011, une trentaine d'artistes ont répondu au thème de la maison. Cet espace où l'homme organise sa vie intéresse beaucoup d'artistes... En voici la preuve.
Dans un centre d'art qui m'était totalement inconnu, j'ai pu découvrir une exposition simple mais efficace, en accord avec le lieu et qui présente une série d'œuvres de grande qualité.
Bien qu'un peu loin de Paris, je pense que Our house in the middle of our street vaut le détour.
A voir à la maison des arts de Malakoff.

Lien :
Maison des Arts - Malakoff | Our house in the middle of our street

Paris - Dehli - Bombay


Orlan - Draps-peaux hybridés | Accueil de l'exposition

L'art indien s'expose maintenant au centre Pompidou, en lien cette fois avec des artistes parisiens.
Maintenant car il existe déjà une exposition appelée Indian Highway au MAC Lyon qui m'avait déjà beaucoup impressionnée.
Les artistes indiens présents à Beaubourg sont en grosse partie les mêmes, c'est pourquoi je ne répéterai pas ce qu'il est dit ici.
Néanmoins j'aimerais souligner l'intelligence de la scénographie de l'exposition parisienne ainsi que la subtile inscription des artistes occidentaux.
Entre autres, un très bon film de Camille Henrot Le songe de Poliphile - 2011.
De plus, l'expo est abondante.
A voir.

Lien :
Paris - Dheli - Bombay au centre Pompidou

François Morellet - réinstallations


Le titre de cette exposition illustre tout à fait ce qui y est présenté. A savoir, une sorte de mini-rétrospective à travers les différentes installations de l'artiste de 1963 à nos jours.
Nous retrouvons donc le hasard, la perception des couleurs, de la lumières, des lignes chers à l'artiste. Sans oublier le côté dada, heureusement, car il enrichit quelque peu l'exposition.
Néanmoins il s'agit d'un parcours peu original dans une scénographie relativement simple.
Peut-être que les œuvres relèvent trop d'un même registre ; elle se ressemblent un peu.
Réinstallations, pour REvisiter l'univers de Morellet.

Lien :
Morellet au centre Pompidou

Monumenta 2011 - Leviathan


Monumenta est devenu l'évènement incontournable de l'art contemporain parisien en début d'été. En 2010, Christian Boltanski exposait Personnes en surprenant déjà...
On attendait avec impatience l'intervention d'Anish Kapoor... et le résultat est tout simplement hallucinant.
Une grande prouesse technique et une audace sans précédent font de cette exposition un coup de tonnerre dans l'art contemporain. L'installation la plus grosse jamais réalisée en toile PVC occupe le Grand Palais jusqu'au 23 juin et ne doit être ratée sous aucun prétexte.
On doit l'avouer, l'intervention de l'artiste est moindre dans la réalisation et la conception de la pièce. Mais le génie est parfois d'avoir le culot de penser réaliser une chose pareille !
La visite débute par l'entrée dans cette bulle organique rougeâtre, dont la luminosité dépend de la hauteur du soleil au-dessus de la grande verrière. Les ombres de l'armature métallique du toit sont magnifiques, le son est étrange, la sensation d'un besoin de voir plus loin sans en être libre est frustrante. J'étais presque déçu en sortant car je pensais que l'accès en était restreint à cet intérieur. Mais nous sommes ensuite invités à en faire le tour depuis l'extérieur... et là, on entre simplement dans une autre dimension.
Je reste abasourdi par cette installation qui me laisse perplexe pour l'artiste qui devrai investir le lieu pour la Monumenta 2012 ! Difficile de faire mieux !
Tout ce qui n'est pas monumental dans tout ça, c'est le prix ! 2.5 euros en tarif réduit, 5 euros en plein tarif !

Lien :
Monumenta 2011

L'anabase


L'anabase de May et Fusako Shigenobu, Masao Adachi et 27 années sans images - Eric Baudelaire à la Synagogue de Delme, jusqu'au 25 septembre.
Le Centre d'art lorrain propose ici une exposition extrêmement complexe à saisir lorsque l'on a pas toutes les clés en main.
Sont présentées des sérigraphies monochromes sur des portes et 1 film d'une heure environ. Le lien n'est pas évident entre les deux.
L'anabase est un voyage, terme qui contient étymologiquement à la fois un départ, puis un retour. C'est une sorte d'Odyssée d'Ulysse.
Cette exposition parle donc de voyage(s). Voyage(s) de plusieurs personnages, de l'artiste lui-même, d'une pensée, d'idéologie,...
C'est l'histoire croisée d'une fille exilée au Liban, avec sa mère inconnue, prisonnière politique au Japon et celle d'un cinéaste, parti lui aussi au Liban avec l'armée Rouge japonaise. Avec toute la documentation nécessaire à sa compréhension plus une conférence de l'artiste sur son actuel projet de l'anabase, l'exposition devient la vitrine d'une histoire passionnante.
Tout de même, j'apprécie quand le travail d'un artiste parle de lui-même et permet une prise de conscience et une compréhension directe de la part du visiteur. On en demande peut-être trop cette fois à Delme...

Lien :
Synagogue de Delme

Berni Searle


Snow White [Blanche-Neige] - 2001

Du 20 mai au 18 septembre, le FRAC Lorraine propose une exposition monographique de l'artiste d'Afrique du Sud Berni Searle. Présentée dans le cadre d'une rétrospective en Belgique et Hollande.
Exclusivement vidéographique, l'exposition demande un temps de visite conséquent et une concentration importante. Ce qui, lors du vernissage notamment, est très difficile à avoir.
La plupart des oeuvres parlent d'une réalité sociale d'Afrique du Sud, l'un des pays du monde où les inégalités sociales sont les plus fortes et où les pauvres sont majoritairement noirs.
Le FRAC Lorraine reste fidèle à lui-même en montrant de la vidéo... Ce n'est pas sa meilleure exposition.

Lien :
FRAC Lorraine

20110509

Echos - Buren


Exposition in-situ au Centre Pompidou-Metz, jusqu'au 9 septembre.
Pour cette première exposition (après l'inauguration), Daniel Buren "artiste officiel", l'une des stars de l'art français, a été invité à s'approprier le lieu.
Pour cette fois encore, il ne surprendra pas le visiteur aguerri ! Le nom de l'exposition était une piste à ce qui allait être dévoilé... C'est sans grande surprise !
Longue de 80 mètres, la galerie 3 offre une vue toute particulière sur la ville de Metz et sa cathédrale.
Séparée en deux pour les deux travaux in-situ, Buren a choisi dans un premier temps de morceler l'espace avec des sortes de cabanes sans toit, encastrées les unes dans les autres, offrant au visiteur un parcours coloré anguleux, qui parait se répéter mais qui n'offre jamais le même espace de déambulation. Dans l'autre partie, il a voulu mettre en valeur cette vue imprenable en la démultipliant dans un jeu de miroirs qui rend l'espace infiniment grand. La galerie des glaces s'invite à Metz.
Finalement, Buren propose ici de multiples échos. D'une part les reflets dans les parois de ces cabanes ou sur les murs miroitants, d'autre part l'écho entre deux visions d'un espace à l'intérieur d'une même galerie. Autrement dit, comment faire ressentir une sensation extrêmement différente au visiteur alors qu'il est dans le même espace d'exposition.
Sans oublier, par-ci par-là, la signature infaillible de 8,7 cm de large !

Lien :
Buren au Centre Pompidou - Metz

Le granit et la savoureuse


Julie Legrand présente une exposition à la galerie belfortaine du 7 mai au 19 juin.
Alliance de matériaux riches et pauvres, mous et durs, industriels et naturels,... L'installation in-situ, qui répond directement à l'architecture du lieu joue sur les rebonds, du ciel à la terre, de la terre à l'eau, de l'eau au ciel. Jeux de miroirs, de mises en abîme.
Très poétique, les formes abstraites de l'artiste prennent bien possession de la galerie, sans toutefois transcender l'esprit du visiteur !
Le travail du verre relève néanmoins d'un grande maîtrise de la technique.

20110505

L'idée de nature


Daniel Knorr - Scherben bringen Glück - série de 12 pièces - verre, métal, colle - 2008

Kunsthalle de Mulhouse, du 21 avril au 22 mai.
La nature a bien évolué depuis l'hommage que pouvaient lui rendre les romantiques. L'homme vit désormais avec une nature qu'il détruit peu à peu.
L'idée de nature dans cette exposition est celle que l'on peut avoir aujourd'hui, entre art conceptuel post land art, graphisme, design ou utopie.
Cette exposition a le mérite de présenter artistes confirmés tels que Cy Twombly ou Bernard Moninot aux côtés d'étudiants des écoles d'art de Strasbourg et Mulhouse.
Une scénographie particulièrement bien soignée relooke pour l'occasion le centre d'art qui est organisé avec des cimaises. Toute la visite se fait sous la pression sonore de la vidéo Plan for Victory d'Elodie Pong (déjà présentée à Metz pour l'exposition Le pire n'est jamais certain - collection FRAC Lorraine). Cette œuvre pour le moins pessimiste qui illustre l'impact humain sur l'environnement prend ainsi le dessus sur les tentatives d'utopies.
De belles pièces en général, autant en design avec les lunettes de Daniel Knorr qu'en photographie avec Lee Friedlänger et avec une approche architecturale et environnementale très intéressante de Lara Almarcegui : Abris de jardin à Phalsbourg.
Néanmoins, quelques œuvres restent très conceptuelles et difficilement saisissables, ce qui n'est pas surprenant dans les expositions de la Kunsthalle !
A voir.

Lien :
Kunsthalle Mulhouse

20110503

...with a mental squint


"And learn to look at all things
With a sort of mental squirt
"
Lewis Caroll in Poeta Fit, Non Nascitur

Effectivement, mieux vaut avoir conscience de cette phrase en visitant cette exposition... Encore faut-il réussir à définir puis employer un strabisme mental !
Autrement dit, les quelques pièces présentées dans cet accrochage ne m'ont pas paru sensationnelles !
Une série de peintures relativement pauvres autour d'une installation difficilement saisissable...
Heureusement, une œuvre apporte du dynamisme et fonctionne très bien : sans titre d'Arnaud Vasseux. Un grand filet synthétique bleu qui par une rotation perpétuelle entraîne le matériau tel de la soie dans une valse rythmée.
Il est rare que l'exposition du CRAC le 19 me déçoive ! Celle-ci n'y manque pas...
Jusqu'au 12 juin à Montbéliard.

Lien :
Crac le 19

20110430

We can be heroes


Espace Gantner de Bourogne - jusqu'au 25 juin.
Le monde virtuel des jeux vidéos s'invite à Gantner pour une exposition d'art contemporain.
Le jeu vidéo est un médium à part entière dans l'art aujourd'hui, dans une société de cyberculture et d'intelligence collective.
Nous retrouvons ici une manière originale de revisiter le réel, avec une série de vidéos irrésistibles de Benjamin Nuel, qui s'amuse à détourner les personnage de Counter-Strike pour les faire évoluer dans un univers dérisoire, où terroristes et agents de sécurité agissent ensemble contre une menace surréaliste.
Une dose d'interactivité replace le jeu vidéo dans son contexte et permet au visiteur de garder le contrôle !
Allez-y, c'est gratuit.

Lien :
espace gantner - We can be heroes

Le génie de l'Orient


L'Europe moderne et les arts de l'Islam - au musée des beaux-arts de Lyon, jusqu'au 4 juillet.
Cette grande exposition propose une grande richesse de peintures, tissus, dessins et autres créations de l'art islamique. La finesse des décors, l'alliance parfaite des couleurs et la beauté des motifs utilisés sont absolument bluffantes.
De plus, le lien établit entre les peintres modernes européens Matisse et Klee est judicieux. Ces peintres ont eu des révélations en découvrant l'art de l'Islam et l'accrochage en rend bien compte.
Seul bémol à l'exposition, la scénographie impose au visiteur la traversée des salles de peintures des XVIe et XVIIe siècles du musée pour ce rendre dans la dernière galerie du Génie de l'Orient. Regrettable à la fin d'un si beau parcours.
A voir.

BF15- Ludovic Chamarin ®


Ludovic Chamarin était un artiste. Il a cessé d'exercer en 2005. Damien Beguet microclimat lui a acheté son œuvre. P. Nicolas Ledoux a signé un contrat avec Damien Beguet microclimat afin d’obtenir la licence d’exploitation exclusive de l’œuvre de Ludovic Chemarin.
Suite à cela, la BF15 avec Damien Beguet microclimat et P. Nicolas Ledoux organise une sorte de mini-rétrospective de Ludovic Chamarin, devenu une marque déposée.
Les contrats sont exposés, aux côtés d'œuvres plastiques et photographies.
Une petite exposition qui marque l'image d'un artiste face à son œuvre et face à sa réussite ou sa faillite artistique. Une navigation entre statut juridique, statut économique et statut artistique, parfois explosive !
A voir jusqu'au 21 mai.

Lien :
BF 15 - Ludovic Chemarin ®

Pascale Marthine Tayou - Always all ways


Le dernier étage du MAC Lyon transformé pour l'occasion en Tayou World ! Jusqu'au 15 mai 2011, Pascale Marthine Tayou nous propose de visiter son univers.
"Je désire que le public rentre dans mon monde." C'est réussi. Cette exposition nous montre le Cameroun vu par Tayou avec un stand d'épices, des couleurs, des tissus, de l'animation en pagaille. Et fondu dedans, on retrouve le côté Pop des caissons lumineux et des enseignes clignotantes de l'art contemporain.
Une exposition qui plaira d'abord aux enfants.
Cela se poursuit dans toute la ville avec des interventions multiples du plasticien. Mais tout n'est pas très clair dans cette disposition et les œuvres se perdent un peu. Peut-être est-ce la volonté de Pascale Marthine Tayou qui souhaite mélanger les origines. Mais cela ne fonctionne pas très bien.
Peut-être l'exposition aurait-elle du se limiter au musée... Je le crois bien.

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MAC Lyon

Indian Highway IV


Valay Shende - Transit - acier inoxydable, écrans vidéo - 2010

L'art indien prend ses quartiers au Musée d'Art Contemporain de Lyon, du 24 février au 31 juillet. Deux étages sont entièrement consacrés à des artistes contemporains indiens, souvent très surprenants dans leur manière de montrer les vérités du monde qui nous entoure.
Indian Highway est une exposition qui évolue à chacune de ses étapes. Elle est déjà passée par Londres ou Oslo avec des artistes indiens bien connus du monde entier et qui travaillent à l'échelle du globe. A Lyon, les 2000m² offrent une nouvelle vision avec des artistes qui sont concentrés sur une réalité indienne plus "complexe".
Notre visite dépasse alors l'approche folklorique pour entrer face aux problématiques proposées par les artistes.
Ce qui fait la force de cette exposition est sans doute la faculté de l'art indien de ne pas se limiter pour exprimer des idées fortes, engagées. A savoir, la réalisation d'œuvres osées ou monumentales ne leur fait pas peur et c'est là que le spectateur est bluffé. A plusieurs reprises, la dimension des œuvres exposées et le travail demandé pour leur réalisation apparaît au visiteur comme une prouesse.
L'art dans toute sa splendeur : exprimer clairement une idée tout en proposant une pièce techniquement et esthétiquement réussie ! Par exemple : l'œuvre tout à fait incroyable de Valay Shende : Transit (photo). Cela illustre un problème social indien de façon limpide. Le résultat est surprenant, à échelle 1, ce camion est exclusivement composé de pastilles de fer soudées les unes aux autres. Diamètre des pastilles : environ 2,5cm.
A voir absolument.

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MAC Lyon

20110409

Entre - temps


Comme le trait qui relie les deux mots de son titre, cette exposition relie les deux artistes Blanca Casas Brullet et Pierre Yves Freund dans la Galerie du Granit à Belfort.
Deux chemins qui suivent la thématique du temps, d'une évolution des corps, des matières.
Blanca Casas Brullet montre (par la photo ou la sculpture) des brouillons, des ratés qui deviennent parfois des œuvres plus intéressantes que les projets parfaitement aboutis.
Pierre Yves Freund lui, s'intéresse plus à la matière et son évolution. L'empreinte, l'équilibre et la transformation sont ici imagées par différentes pièces.
Cette exposition très poétique est l'image d'un art qui ne cherche pas à véhiculer un message particulier, mais que l'on aime juste regarder parce qu'il montre la magie des matières, du temps et de la lumière que ces artistes savent manier.
A voir jusqu'au 24 avril.

2 éclats blancs toutes les 10 secondes (suite)


Ann Veronica Janssens - Zabriskie Zone - 2011

Ann Veronica Janssens & Aurélie Godard au Centre Rhénan d'Art Contemporain d'Altkirch, jusqu'au 15 mai.
Le titre donné est une illustration ou définition du phare d'Ouessant, près duquel les artistes se sont retrouvées pour travailler il y a quelques temps... Il est subtilement rappelé par l'une des œuvres dans le lieu.
L'exposition A l'ombre d'un doute au Frac Lorraine au printemps de l'année dernière présentait déjà Ann Veronica Janssens. [Article sur l'exposition] et son œuvre avait fait sensation auprès du large public venu au FRAC, au moment de l'ouverture du Centre Pompidou Metz.
L'exposition du CRAC d'Altkirch présente une variation de cette œuvre, avec la pièce Zabriskie Zone, qui pour la première fois présente un brouillard coloré changeant de teinte au rythme du clignement des yeux. C'est sensationnel.
Toute la déambulation se fait sur le thème de la lumière, qui est changeante, qui produit des ombres, qui permet la perception des couleurs ou bien qui les fait varier de façon illusoire ou réelle.
L'art et la physique étroitement liés pour une exposition à ne rater sous aucun prétexte.

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CRAC Alsace

20110326

Straub - Huillet


Du jour au lendemain et Chronique d'Anna Magdalena Bach, vendredi 25 mars, 18h et 20h au centre Pompidou Metz, en présence de Jean-Marie Straub.
Suite de la rétrospective dédiée au cinéma des Straub au CPM.
Deux films ont été ici présenté, sur le thème de la musique au cinéma. Le premier est un film magnifique, ni par son scénario ni par la beauté de ses plans mais par sa prouesse technique et sa qualité de prise de son. Il s'agit d'un opéra filmé en temps réel avec l'orchestre en direct derrière la caméra. Le résultat est parfait, le son est impeccable.
Le second film relève d'encore plus de prouesses technologiques. Il raconte l'histoire de Jean-Sébastien Bach par son épouse. Toutes les scènes musicales sont jouées en vrai, aucun acteur ne fait semblant. Pour ce faire, les Straub ont choisi le meilleur organiste du monde, Gustav Leonhardt, qui joue sur les meilleurs orgues et les meilleurs clavecin du monde, dans les meilleurs lieux du monde. Tout le vrai univers de Bach est présent. De plus, le film est réalisé avec les meilleurs outils de l'époque, en prise de son ou d'image.
Du vrai cinéma musical.

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rétrospective Straub-Huillet au CPM

Le caporal épinglé


Film de Jean Renoir, sorti en 1961, choisi et présenté par Jean-Marie Straub au Caméo de Metz dans le cadre de sa carte blanche (partie de la rétrospective Straub - Huillet, qui fait sensation en ce moment dans le monde du cinéma à Metz).
Le caporal épinglé est l'histoire de l'après capitulation en 1940, lorsque les soldats français sont emprisonnés. On suit l'évolution d'un groupe d'entre eux dans un camp de travail. Un caporal, essaie sans cesse de s'évader, sans succès de nombreuses fois...
"C'est un film jeune, gai, sur l'amitié" comme le dit Renoir lui-même.
Claude Brasseur, Jean-Pierre Cassel, Jean Carmet, Claude Rich, Guy Bedos jouent dans ce très bon film d'évasion.
A suivre, mardi 29 mars, toujours au Caméo de Metz : Le 6 juin à l'aube.

Lien :
Le caporal épinglé sur allociné

Frères Cohen - 2 parties


Soirée spéciale au cinéma Caméo de Metz.
Deux films des frères Cohen : True Grit, en ce moment à l'affiche et Fargo, sorti en 1996, réalisé par Joel.
Ces deux films sont très différents, ne traitent pas du même sujet, ni d'une époque similaire.
True Grit d'abord est un western, fondé sur l'histoire d'une vengeance d'une jeune fille de 14 ans qui va s'engager dans un monde de cow-boys. Légèrement trop héroïne, elle montre un caractère très dur, et une motivation sans frein pour venger la mort de son père. Ce western contemporain est une belle histoire de cinéma.
Fargo ensuite est l'histoire d'un homme, responsable commercial dans une concession automobile. Surendetté, il cherche un moyen de trouver de l'argent. Il veut pour ce faire, en prendre à son beau-père qui est très riche. Il fait enlever sa femme et fait demander aux ravisseurs une rançon... Seulement rien ne se passe comme prévu et dans la tragédie qui emmène ce personnage en enfer, nous avons droit à des scènes comiques, surtout avec la jeune policière enceinte qui enquête de façon improbable ! Elle est impeccablement jouée par Frances McDormand. On peut y trouver Peter Stormare, qui joue un ravisseur et qui jouera, 10 ans plus tard environ, John Abruzzi dans la série Prison Break ! Excellent.

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Fargo sur allociné
True Grit sur allociné

Route Irish


Dernier film de Ken Loach.
Ken Loach a un petit peu changé. A travers ce film, nous avons plus d'action, plus de spectacle que de dénonciations sur des situations sociales irlandaises difficiles.
Ce film est néanmoins appréciable, on peut y voir des plans très bien filmés. Il traite de la guerre en Irak, sujet encore très actuel. On suit l'histoire tordue d'un ancien "soldat" irlandais, aujourd'hui retourné sur ses terres. Il était employé par des sociétés pour aller se battre contre les rebelles irakiens. Son meilleur ami, encore sur le terrain, est tué dans d'étranges circonstances et durant tout le film il va chercher la vérité sur cette mort.
Ce film met en avant un gros soucis que vivent les soldats des guerres modernes qui reviennent au pays. Essentiellement les GI's qui reviennent aux USA après des années passées en Irak.
Ce film m'a beaucoup fait penser à Démineurs de Kathryn Bigelow qui dépeint aussi les atrocités vécues en Irak et l'ambiance particulièrement virile au sein des forces armées occidentales ! J'ai toutefois préféré Démineurs.

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Route Irish sur allociné

Barcelone


Barcelone est une ville magnifique qui déborde de bâtiments aux architectures incroyables. Gaudi en est l'un des acteurs principaux, avec son style très fantaisiste si particulier.
Les parcs de Montjuic et surtout de Guell sont exceptionnels et offrent des vues imprenables sur la cité.
Mais Barcelone est aussi connue dans le monde de l'art pour son réseau de galeries, dont la plupart se situent dans la rue Consell de Cent.
Après en avoir vu une petite dizaine, je peux dire qu'il est très intéressant de les visiter. Contrairement aux musées, on y voit des artistes encore méconnus ou bien des œuvres de grosses pointures qui restent dans un circuit de collectionneurs. Le seul regret est que la plupart de ces galeries sont orientées vers la peinture, rarement dans la sculpture contemporaine, les installations,...
Je conseille tout de même aux amateurs d'art un petit tour à la Consell de Cent, à cinq ou six rue de la place Catalunya...
Quelques galeries : Metras, Senda, Trama, Marlborough, Alonso Vidal, Hartmann, Lucià Homs, Maeght,...

MNAC


Museu Nacional d'Art de Catalunya.
Parc de Montjuic - Barcelone. Ce musée, placé en contre-bas du chateau de Montjuic, dans ce superbe espace de Barcelone, mériterait une meilleure publicité que le MACBA au niveau européen !
(Dans le parc de Montjuic est aussi située la fondation Miro, dont l'exposition venait de se terminer)
Après ma déception par rapport au Musée d'Art Contemporain, je suis allé sans grande attente au MNAC. Et pourtant... ce musée est très bien. Il se situe dans un immense bâtiment, aux allures de palais. Depuis son parvis, nous avons une vue imprenable sur la capitale de la Catalogne et sa place de l'Espagne.
Sa collection reflète une richesse tout à fait particulière, depuis des fresques antiques (XIe siècle) jusqu'à des sculptures de Julio Gonzalez (1930).
Tout un parcours suit une scénographie très claire, qui a su marier les cimaises blanches contemporaines à l'architecture d'époque.
Art roman, art gothique, Renaissance et baroque, art moderne, dessins - gravures - affiches, numismatique : autant d'espace qui font de ce musée une vitrine de l'art catalan.
La salle numismatique accueillait lors de ma visite une exposition sur les fausses monnaies. Relativement petite, elle retraçait l'histoire des faux dans l'économie catalane et des alentours.
La collection est aussi très diversifiée, on y trouve des mosaïque, des statues, des peintures, du design avec l'inévitable Gaudi, des sculptures,...
A visiter absolument.

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MNAC

MACBA


Musée d'art contemporain de Barcelone.
Avant d'aller à Barcelone, il est le seul musée de la ville dont j'avais entendu parlé. Je m'attendais à une collection exceptionnelle, c'est pourquoi j'ai été fortement déçu par ce qui y était présenté.
L'architecture du musée, white cube éblouissant, sans courbures et qui laisse entrer le soleil catalan dans le hall d'entrée seulement car les salles d'expositions sont soumises à la lumière artificielle.
La collection n'est pas extraordinaire, même si elle présente quelques belles pièces, essentiellement d'artistes espagnols dont Tapiès, en chef de file.
L'exposition temporaire proposée s'intitulait "Are you ready for TV ?", et montrait une grande série de vidéo, difficiles à saisir dans une scénographie particulièrement mal organisée. Il y avait trop de confusions et de parasitages entre les pièces, ce qui empêchait leur perception. Seule une oeuvre de Johann Grimonprez, un peu isolée en fin de parcours a attiré mon attention. Mieux située, je pouvais apprécié le travail de cet artiste que j'apprécie pour sa démarche. De plus, son travail est rarement montré.
Finalement, le MACBA n'est pas le plus incontournable des musées catalans à mon goût...

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MACBA

Museu Picasso - Barcelone


Picasso, on connaît ! Chaque musée d'art moderne possède au moins une œuvre de l'immense production de cet artiste. Le musée Picasso de Barcelone paraissait tout de même incontournable.
Mis à part le côté cubiste déjà vu et très connu, ce musée a la particularité de présenter de nombreuses pièces très intéressantes. Les débuts du peintre, avec des paysages, des portraits, puis la période bleue, et une collection de céramiques tout à fait unique !
De plus, son autre richesse est de posséder des œuvres majeures et toutes les déclinaisons, ou variantes qui en sont issues ou qui la précèdent.
Pour cela je pense que ce musée est à visiter.

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musée Picasso

20110309

Théâtre - Musée Dali


Figueres. Catalogne.
Le musée Dali se situe dans la petite ville de Figueres, à 150km au Nord de Barcelone.
Aménagé dans un ancien théâtre, il présente une collection importante de l'artiste surréaliste.
Le bâtiment, assez surprenant, a été très bien aménagé. Deux visages extérieurs, l'un très classiques avec des interventions de sculptures surréalistes, l'autre complétement surréaliste.
La visite se fait logiquement étage par étage, en arc de cercle, autour de la grande cour intérieure (plein air) et d'un grand espace, couronné par une grande verrière sphèrique, faisant office de scène.
Même si (pour certains) l'oeuvre de Dali n'est pas passionnante (c'est mon cas), ce musée vaut le détour.

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théâtre - musée Dali

Ismène


NEST - théâtre en bois de Thionville.
Monologue théâtral écrit par Yannis Ritsos, poète grec.
La scénographie était magnifique, avec des effets de lumières, d'eau, etc... Seulement, cela ressemblait plus à une performance, à un vrai spectacle et la forme prenait rapidement le dessus par rapport au texte, qui demande beaucoup d'attention pour être compris et apprécié.
L'idéal serait de revoir la pièce en étant très concentré sur le monologue.
Néanmoins, je dois souligner la performance exceptionnelle de la comédienne, qui occupe la scène durant une heure quinze, nue, en énonçant un texte compliqué.
Vibrations de lumières, de musique, de voix et d'eau, je vous invite tout de même à voir cette représentation. Du 23 au 25 février à Thionville.

En attendant les pluies


Exposition à la galerie Faux Mouvement (CAC), 19 février - 3 avril 2011.
Antoine Lejolivet et Nicolas Schneider, connus entre autre pour leur collectif Encastrable, avec lequel ils réalisent des résidences originales dans les magasins de bricolage réalisent ici une exposition paysagère.
Dessins, installations, vidéos, objets, peintures, tout est nature.
Il s'agit d'une déambulations entre surprises, étonnements et émerveillement.
A voir.

Lien :
galerie Faux Mouvement

20110215

Au-delà


Clint Eastwood m'a beaucoup déçu pour ce long métrage. Invictus était déjà proche du grand cinéma américain romancé, sans l'atteindre pleinement. Au-delà a basculé dedans.
L'histoire est fondée sur un thème qui ne m'intéresse pas vraiment : le dialogue avec la mort. Mais le plus malheureux, c'est que ce film n'est jamais surprenant et souvent même très prévisible.
Incontestablement, les meilleurs films de Clint Eastwood sont Million Dollar Baby et Gran Torino, qui parlent de situations proche de la réalité contemporaine et qui tiennent en haleine le spectateur. Retenons ceux-là.
On aura plus de mal à prendre avec autant de sérieux Au-delà.
C'est dommage.

Indignez-vous !


Stéphane Hessel, 93 ans, résistant actif lors de la Seconde Guerre mondiale a écrit un petit livre, au titre très évocateur : Indignez-vous !
Ce petit texte, trente page à peine, est presque un manifeste. Ce "vieux monsieur" nous laisse entendre que l'on ne peut pas laisser les choses se faire comme aujourd'hui dans notre monde. Il ne faut pas se laisser faire, et surtout ne pas dire "je n'y peux rien."
Indignez-vous n'est pas simplement un constat, c'est un appel, une prise de position.
Simple et efficace, il est lu en 30 minutes !
A se procurer dans toutes les librairies pour pas cher !

20110124

Le lac des cygnes


Opéra de Strasbourg - 21 janvier.
C'était pour moi la première fois que je me rendais à un ballet classique dans un opéra. Le Lac des cygnes est celui qui est le plus joué dans le monde de nos jours. Créé par Tchaïkovsky en 1877 en Russie, il était ici représenté par le ballet de l'opéra national du Rhin. Découpé en quatre actes, il reprend une légende allemande d'un jeune homme, déchiré par l'amour impossible qui décide de fuir sa maison familiale la nuit de sa majorité.
Subtilement actualisé, ce spectacle est d'une beauté surprenante. Ne connaissant rien à la danse, je ne peux juger la performance des acteurs mais ce que j'ai vu était magnifique.
Et puis, dans l'opéra de Strasbourg, avec la musique en direct, c'est quand même extra !

20110123

De leur temps - 3 / Le prix Marcel Duchamp


Bruno Peinado - Exil

Musée d'Art Moderne et Contemporain de Strasbourg, jusqu'au 13 février.
Il s'agit du troisième volet d'une exposition déjà présentée à Tourcoing et Grenoble qui vise à montrer la création contemporaine en France.
Uniquement orientée sur le Prix Marcel Duchamp, cette édition fait un tour complet des grands artistes de notre pays, en traversant sept thèmes.
Grande diversité d'œuvres présentées, avec des pièces qui sont devenues très connues et médiatisées, cette exposition vaut le détour.
Vous pourrez y voir Veilhan, Varini, Barbier, Trouvé, Couturier, Cognée, Poitevin, Blazy, Ramette, Frize, Gaillard, Lévêque...
Une deuxième partie est installée au Frac Alsace qui malheureusement ne se situe pas à Strasbourg mais à Sélestat. Je n'ai donc pas pu la voir.

Lien :
De leur temps

Figures de l'humain : L'autre e(s)t moi


Sung-A Yoon - How to manage with or without hundred "A" - 2001 - 7'43

A la galerie du Granit, Belfort.
Figures de l'humain est une exposition présentée en deux parties, entre la galerie du théâtre et l'école d'art Jacot, présentant toutes les deux des œuvres tournant autour de l'idée de la représentation de l'humain dans l'art contemporain.
Cela fonctionne plutôt bien, avec une présentation de médiums bien différents, de la photo à l'objet en passant par la vidéo et le dessin.
La vidéo de l'artiste coréenne Sung-A Yoon, présentée à la galerie, est une façon très humoristique de parler de notre grande diversité de cultures, langues,...
Pas mal !

Liens :
Théâtre Granit
école d'art Gérard Jacot

Jusqu'ici tout va bien - Espace Gantner


Le collectif suisse !Mediengruppe Bitnik s'empare de l'espace Gantner de Bourogne (90) pour une exposition qui montre très bien leur démarche.
Le hacking (piratage) est leur médium. Ils utilisent les nouveaux médias de notre société et s'amusent à les détourner.
Entres autres, ils ont diffusé sur des écrans de contrôle de vidéo surveillance un jeu d'échec avec un dialogue simple : "Veux-tu jouer avec moi ? je suis les noirs et toi les blancs." (Chess for CCTV Operators).
Dans un autre contexte, ils ont installé des micros dans un opéra et ont appelé des gens pendant la représentation, leur faisant ainsi écouter l'opéra en direct par le biais du téléphone. (Opera calling - Arias for all)
Ils ont aussi écrit une sorte de manifeste : Instructions pour une dérive, qui vise à faire suivre correctement quelqu'un qui sort d'un établissement financier et d'en faire un compte rendu par téléphone à un numéro donné.
L'espace Gantner est un lieu d'exposition unique en son genre, axé sur l'art et les nouveaux médias. Il possède notamment une collection d'œuvres numériques et une médiathèque impressionantes. Il serait dommage de ne pas connaître cet endroit !

Liens :
OSS/*** : œuvre de la collection en ligne
Bitnik - le collectif
Espace Gantner

Geste serpentine et autres prophéties


Antony Gormley - Firmament III - 2009 - éléments en acier inoxydable - 3.81x10.942x6.97m

Frac Lorraine, jusqu'au 1er mai.
L'apocalypse, le déclin, la fin du monde pour 2012... Qu'en pensent les artistes ? Réponse partiellement développée dans cette exposition où, au grand bonheur du visiteur, la vidéo n'est pas le médium dominant cette fois !
Deux pièces sont particulièrement attrayantes et reflètent bien le thème de l'exposition. Il s'agit d'une structure en fer hallucinante d'Antony Gormley, remplissant un espace et un film de Werner Herzog avec des plans magnifiques dont on a du mal à en croire leur réalité.
A voir.

Lien :
FRAC Lorraine