20110430

Le génie de l'Orient


L'Europe moderne et les arts de l'Islam - au musée des beaux-arts de Lyon, jusqu'au 4 juillet.
Cette grande exposition propose une grande richesse de peintures, tissus, dessins et autres créations de l'art islamique. La finesse des décors, l'alliance parfaite des couleurs et la beauté des motifs utilisés sont absolument bluffantes.
De plus, le lien établit entre les peintres modernes européens Matisse et Klee est judicieux. Ces peintres ont eu des révélations en découvrant l'art de l'Islam et l'accrochage en rend bien compte.
Seul bémol à l'exposition, la scénographie impose au visiteur la traversée des salles de peintures des XVIe et XVIIe siècles du musée pour ce rendre dans la dernière galerie du Génie de l'Orient. Regrettable à la fin d'un si beau parcours.
A voir.

BF15- Ludovic Chamarin ®


Ludovic Chamarin était un artiste. Il a cessé d'exercer en 2005. Damien Beguet microclimat lui a acheté son œuvre. P. Nicolas Ledoux a signé un contrat avec Damien Beguet microclimat afin d’obtenir la licence d’exploitation exclusive de l’œuvre de Ludovic Chemarin.
Suite à cela, la BF15 avec Damien Beguet microclimat et P. Nicolas Ledoux organise une sorte de mini-rétrospective de Ludovic Chamarin, devenu une marque déposée.
Les contrats sont exposés, aux côtés d'œuvres plastiques et photographies.
Une petite exposition qui marque l'image d'un artiste face à son œuvre et face à sa réussite ou sa faillite artistique. Une navigation entre statut juridique, statut économique et statut artistique, parfois explosive !
A voir jusqu'au 21 mai.

Lien :
BF 15 - Ludovic Chemarin ®

Pascale Marthine Tayou - Always all ways


Le dernier étage du MAC Lyon transformé pour l'occasion en Tayou World ! Jusqu'au 15 mai 2011, Pascale Marthine Tayou nous propose de visiter son univers.
"Je désire que le public rentre dans mon monde." C'est réussi. Cette exposition nous montre le Cameroun vu par Tayou avec un stand d'épices, des couleurs, des tissus, de l'animation en pagaille. Et fondu dedans, on retrouve le côté Pop des caissons lumineux et des enseignes clignotantes de l'art contemporain.
Une exposition qui plaira d'abord aux enfants.
Cela se poursuit dans toute la ville avec des interventions multiples du plasticien. Mais tout n'est pas très clair dans cette disposition et les œuvres se perdent un peu. Peut-être est-ce la volonté de Pascale Marthine Tayou qui souhaite mélanger les origines. Mais cela ne fonctionne pas très bien.
Peut-être l'exposition aurait-elle du se limiter au musée... Je le crois bien.

Lien :
MAC Lyon

Indian Highway IV


Valay Shende - Transit - acier inoxydable, écrans vidéo - 2010

L'art indien prend ses quartiers au Musée d'Art Contemporain de Lyon, du 24 février au 31 juillet. Deux étages sont entièrement consacrés à des artistes contemporains indiens, souvent très surprenants dans leur manière de montrer les vérités du monde qui nous entoure.
Indian Highway est une exposition qui évolue à chacune de ses étapes. Elle est déjà passée par Londres ou Oslo avec des artistes indiens bien connus du monde entier et qui travaillent à l'échelle du globe. A Lyon, les 2000m² offrent une nouvelle vision avec des artistes qui sont concentrés sur une réalité indienne plus "complexe".
Notre visite dépasse alors l'approche folklorique pour entrer face aux problématiques proposées par les artistes.
Ce qui fait la force de cette exposition est sans doute la faculté de l'art indien de ne pas se limiter pour exprimer des idées fortes, engagées. A savoir, la réalisation d'œuvres osées ou monumentales ne leur fait pas peur et c'est là que le spectateur est bluffé. A plusieurs reprises, la dimension des œuvres exposées et le travail demandé pour leur réalisation apparaît au visiteur comme une prouesse.
L'art dans toute sa splendeur : exprimer clairement une idée tout en proposant une pièce techniquement et esthétiquement réussie ! Par exemple : l'œuvre tout à fait incroyable de Valay Shende : Transit (photo). Cela illustre un problème social indien de façon limpide. Le résultat est surprenant, à échelle 1, ce camion est exclusivement composé de pastilles de fer soudées les unes aux autres. Diamètre des pastilles : environ 2,5cm.
A voir absolument.

Lien :
MAC Lyon

20110409

Entre - temps


Comme le trait qui relie les deux mots de son titre, cette exposition relie les deux artistes Blanca Casas Brullet et Pierre Yves Freund dans la Galerie du Granit à Belfort.
Deux chemins qui suivent la thématique du temps, d'une évolution des corps, des matières.
Blanca Casas Brullet montre (par la photo ou la sculpture) des brouillons, des ratés qui deviennent parfois des œuvres plus intéressantes que les projets parfaitement aboutis.
Pierre Yves Freund lui, s'intéresse plus à la matière et son évolution. L'empreinte, l'équilibre et la transformation sont ici imagées par différentes pièces.
Cette exposition très poétique est l'image d'un art qui ne cherche pas à véhiculer un message particulier, mais que l'on aime juste regarder parce qu'il montre la magie des matières, du temps et de la lumière que ces artistes savent manier.
A voir jusqu'au 24 avril.

2 éclats blancs toutes les 10 secondes (suite)


Ann Veronica Janssens - Zabriskie Zone - 2011

Ann Veronica Janssens & Aurélie Godard au Centre Rhénan d'Art Contemporain d'Altkirch, jusqu'au 15 mai.
Le titre donné est une illustration ou définition du phare d'Ouessant, près duquel les artistes se sont retrouvées pour travailler il y a quelques temps... Il est subtilement rappelé par l'une des œuvres dans le lieu.
L'exposition A l'ombre d'un doute au Frac Lorraine au printemps de l'année dernière présentait déjà Ann Veronica Janssens. [Article sur l'exposition] et son œuvre avait fait sensation auprès du large public venu au FRAC, au moment de l'ouverture du Centre Pompidou Metz.
L'exposition du CRAC d'Altkirch présente une variation de cette œuvre, avec la pièce Zabriskie Zone, qui pour la première fois présente un brouillard coloré changeant de teinte au rythme du clignement des yeux. C'est sensationnel.
Toute la déambulation se fait sur le thème de la lumière, qui est changeante, qui produit des ombres, qui permet la perception des couleurs ou bien qui les fait varier de façon illusoire ou réelle.
L'art et la physique étroitement liés pour une exposition à ne rater sous aucun prétexte.

Lien :
CRAC Alsace

20110326

Straub - Huillet


Du jour au lendemain et Chronique d'Anna Magdalena Bach, vendredi 25 mars, 18h et 20h au centre Pompidou Metz, en présence de Jean-Marie Straub.
Suite de la rétrospective dédiée au cinéma des Straub au CPM.
Deux films ont été ici présenté, sur le thème de la musique au cinéma. Le premier est un film magnifique, ni par son scénario ni par la beauté de ses plans mais par sa prouesse technique et sa qualité de prise de son. Il s'agit d'un opéra filmé en temps réel avec l'orchestre en direct derrière la caméra. Le résultat est parfait, le son est impeccable.
Le second film relève d'encore plus de prouesses technologiques. Il raconte l'histoire de Jean-Sébastien Bach par son épouse. Toutes les scènes musicales sont jouées en vrai, aucun acteur ne fait semblant. Pour ce faire, les Straub ont choisi le meilleur organiste du monde, Gustav Leonhardt, qui joue sur les meilleurs orgues et les meilleurs clavecin du monde, dans les meilleurs lieux du monde. Tout le vrai univers de Bach est présent. De plus, le film est réalisé avec les meilleurs outils de l'époque, en prise de son ou d'image.
Du vrai cinéma musical.

Lien :
rétrospective Straub-Huillet au CPM

Le caporal épinglé


Film de Jean Renoir, sorti en 1961, choisi et présenté par Jean-Marie Straub au Caméo de Metz dans le cadre de sa carte blanche (partie de la rétrospective Straub - Huillet, qui fait sensation en ce moment dans le monde du cinéma à Metz).
Le caporal épinglé est l'histoire de l'après capitulation en 1940, lorsque les soldats français sont emprisonnés. On suit l'évolution d'un groupe d'entre eux dans un camp de travail. Un caporal, essaie sans cesse de s'évader, sans succès de nombreuses fois...
"C'est un film jeune, gai, sur l'amitié" comme le dit Renoir lui-même.
Claude Brasseur, Jean-Pierre Cassel, Jean Carmet, Claude Rich, Guy Bedos jouent dans ce très bon film d'évasion.
A suivre, mardi 29 mars, toujours au Caméo de Metz : Le 6 juin à l'aube.

Lien :
Le caporal épinglé sur allociné

Frères Cohen - 2 parties


Soirée spéciale au cinéma Caméo de Metz.
Deux films des frères Cohen : True Grit, en ce moment à l'affiche et Fargo, sorti en 1996, réalisé par Joel.
Ces deux films sont très différents, ne traitent pas du même sujet, ni d'une époque similaire.
True Grit d'abord est un western, fondé sur l'histoire d'une vengeance d'une jeune fille de 14 ans qui va s'engager dans un monde de cow-boys. Légèrement trop héroïne, elle montre un caractère très dur, et une motivation sans frein pour venger la mort de son père. Ce western contemporain est une belle histoire de cinéma.
Fargo ensuite est l'histoire d'un homme, responsable commercial dans une concession automobile. Surendetté, il cherche un moyen de trouver de l'argent. Il veut pour ce faire, en prendre à son beau-père qui est très riche. Il fait enlever sa femme et fait demander aux ravisseurs une rançon... Seulement rien ne se passe comme prévu et dans la tragédie qui emmène ce personnage en enfer, nous avons droit à des scènes comiques, surtout avec la jeune policière enceinte qui enquête de façon improbable ! Elle est impeccablement jouée par Frances McDormand. On peut y trouver Peter Stormare, qui joue un ravisseur et qui jouera, 10 ans plus tard environ, John Abruzzi dans la série Prison Break ! Excellent.

Liens :
Fargo sur allociné
True Grit sur allociné

Route Irish


Dernier film de Ken Loach.
Ken Loach a un petit peu changé. A travers ce film, nous avons plus d'action, plus de spectacle que de dénonciations sur des situations sociales irlandaises difficiles.
Ce film est néanmoins appréciable, on peut y voir des plans très bien filmés. Il traite de la guerre en Irak, sujet encore très actuel. On suit l'histoire tordue d'un ancien "soldat" irlandais, aujourd'hui retourné sur ses terres. Il était employé par des sociétés pour aller se battre contre les rebelles irakiens. Son meilleur ami, encore sur le terrain, est tué dans d'étranges circonstances et durant tout le film il va chercher la vérité sur cette mort.
Ce film met en avant un gros soucis que vivent les soldats des guerres modernes qui reviennent au pays. Essentiellement les GI's qui reviennent aux USA après des années passées en Irak.
Ce film m'a beaucoup fait penser à Démineurs de Kathryn Bigelow qui dépeint aussi les atrocités vécues en Irak et l'ambiance particulièrement virile au sein des forces armées occidentales ! J'ai toutefois préféré Démineurs.

Lien :
Route Irish sur allociné

Barcelone


Barcelone est une ville magnifique qui déborde de bâtiments aux architectures incroyables. Gaudi en est l'un des acteurs principaux, avec son style très fantaisiste si particulier.
Les parcs de Montjuic et surtout de Guell sont exceptionnels et offrent des vues imprenables sur la cité.
Mais Barcelone est aussi connue dans le monde de l'art pour son réseau de galeries, dont la plupart se situent dans la rue Consell de Cent.
Après en avoir vu une petite dizaine, je peux dire qu'il est très intéressant de les visiter. Contrairement aux musées, on y voit des artistes encore méconnus ou bien des œuvres de grosses pointures qui restent dans un circuit de collectionneurs. Le seul regret est que la plupart de ces galeries sont orientées vers la peinture, rarement dans la sculpture contemporaine, les installations,...
Je conseille tout de même aux amateurs d'art un petit tour à la Consell de Cent, à cinq ou six rue de la place Catalunya...
Quelques galeries : Metras, Senda, Trama, Marlborough, Alonso Vidal, Hartmann, Lucià Homs, Maeght,...

MNAC


Museu Nacional d'Art de Catalunya.
Parc de Montjuic - Barcelone. Ce musée, placé en contre-bas du chateau de Montjuic, dans ce superbe espace de Barcelone, mériterait une meilleure publicité que le MACBA au niveau européen !
(Dans le parc de Montjuic est aussi située la fondation Miro, dont l'exposition venait de se terminer)
Après ma déception par rapport au Musée d'Art Contemporain, je suis allé sans grande attente au MNAC. Et pourtant... ce musée est très bien. Il se situe dans un immense bâtiment, aux allures de palais. Depuis son parvis, nous avons une vue imprenable sur la capitale de la Catalogne et sa place de l'Espagne.
Sa collection reflète une richesse tout à fait particulière, depuis des fresques antiques (XIe siècle) jusqu'à des sculptures de Julio Gonzalez (1930).
Tout un parcours suit une scénographie très claire, qui a su marier les cimaises blanches contemporaines à l'architecture d'époque.
Art roman, art gothique, Renaissance et baroque, art moderne, dessins - gravures - affiches, numismatique : autant d'espace qui font de ce musée une vitrine de l'art catalan.
La salle numismatique accueillait lors de ma visite une exposition sur les fausses monnaies. Relativement petite, elle retraçait l'histoire des faux dans l'économie catalane et des alentours.
La collection est aussi très diversifiée, on y trouve des mosaïque, des statues, des peintures, du design avec l'inévitable Gaudi, des sculptures,...
A visiter absolument.

Lien :
MNAC

MACBA


Musée d'art contemporain de Barcelone.
Avant d'aller à Barcelone, il est le seul musée de la ville dont j'avais entendu parlé. Je m'attendais à une collection exceptionnelle, c'est pourquoi j'ai été fortement déçu par ce qui y était présenté.
L'architecture du musée, white cube éblouissant, sans courbures et qui laisse entrer le soleil catalan dans le hall d'entrée seulement car les salles d'expositions sont soumises à la lumière artificielle.
La collection n'est pas extraordinaire, même si elle présente quelques belles pièces, essentiellement d'artistes espagnols dont Tapiès, en chef de file.
L'exposition temporaire proposée s'intitulait "Are you ready for TV ?", et montrait une grande série de vidéo, difficiles à saisir dans une scénographie particulièrement mal organisée. Il y avait trop de confusions et de parasitages entre les pièces, ce qui empêchait leur perception. Seule une oeuvre de Johann Grimonprez, un peu isolée en fin de parcours a attiré mon attention. Mieux située, je pouvais apprécié le travail de cet artiste que j'apprécie pour sa démarche. De plus, son travail est rarement montré.
Finalement, le MACBA n'est pas le plus incontournable des musées catalans à mon goût...

Lien :
MACBA

Museu Picasso - Barcelone


Picasso, on connaît ! Chaque musée d'art moderne possède au moins une œuvre de l'immense production de cet artiste. Le musée Picasso de Barcelone paraissait tout de même incontournable.
Mis à part le côté cubiste déjà vu et très connu, ce musée a la particularité de présenter de nombreuses pièces très intéressantes. Les débuts du peintre, avec des paysages, des portraits, puis la période bleue, et une collection de céramiques tout à fait unique !
De plus, son autre richesse est de posséder des œuvres majeures et toutes les déclinaisons, ou variantes qui en sont issues ou qui la précèdent.
Pour cela je pense que ce musée est à visiter.

Lien :
musée Picasso

20110309

Théâtre - Musée Dali


Figueres. Catalogne.
Le musée Dali se situe dans la petite ville de Figueres, à 150km au Nord de Barcelone.
Aménagé dans un ancien théâtre, il présente une collection importante de l'artiste surréaliste.
Le bâtiment, assez surprenant, a été très bien aménagé. Deux visages extérieurs, l'un très classiques avec des interventions de sculptures surréalistes, l'autre complétement surréaliste.
La visite se fait logiquement étage par étage, en arc de cercle, autour de la grande cour intérieure (plein air) et d'un grand espace, couronné par une grande verrière sphèrique, faisant office de scène.
Même si (pour certains) l'oeuvre de Dali n'est pas passionnante (c'est mon cas), ce musée vaut le détour.

Lien :
théâtre - musée Dali

Ismène


NEST - théâtre en bois de Thionville.
Monologue théâtral écrit par Yannis Ritsos, poète grec.
La scénographie était magnifique, avec des effets de lumières, d'eau, etc... Seulement, cela ressemblait plus à une performance, à un vrai spectacle et la forme prenait rapidement le dessus par rapport au texte, qui demande beaucoup d'attention pour être compris et apprécié.
L'idéal serait de revoir la pièce en étant très concentré sur le monologue.
Néanmoins, je dois souligner la performance exceptionnelle de la comédienne, qui occupe la scène durant une heure quinze, nue, en énonçant un texte compliqué.
Vibrations de lumières, de musique, de voix et d'eau, je vous invite tout de même à voir cette représentation. Du 23 au 25 février à Thionville.

En attendant les pluies


Exposition à la galerie Faux Mouvement (CAC), 19 février - 3 avril 2011.
Antoine Lejolivet et Nicolas Schneider, connus entre autre pour leur collectif Encastrable, avec lequel ils réalisent des résidences originales dans les magasins de bricolage réalisent ici une exposition paysagère.
Dessins, installations, vidéos, objets, peintures, tout est nature.
Il s'agit d'une déambulations entre surprises, étonnements et émerveillement.
A voir.

Lien :
galerie Faux Mouvement

20110215

Au-delà


Clint Eastwood m'a beaucoup déçu pour ce long métrage. Invictus était déjà proche du grand cinéma américain romancé, sans l'atteindre pleinement. Au-delà a basculé dedans.
L'histoire est fondée sur un thème qui ne m'intéresse pas vraiment : le dialogue avec la mort. Mais le plus malheureux, c'est que ce film n'est jamais surprenant et souvent même très prévisible.
Incontestablement, les meilleurs films de Clint Eastwood sont Million Dollar Baby et Gran Torino, qui parlent de situations proche de la réalité contemporaine et qui tiennent en haleine le spectateur. Retenons ceux-là.
On aura plus de mal à prendre avec autant de sérieux Au-delà.
C'est dommage.

Indignez-vous !


Stéphane Hessel, 93 ans, résistant actif lors de la Seconde Guerre mondiale a écrit un petit livre, au titre très évocateur : Indignez-vous !
Ce petit texte, trente page à peine, est presque un manifeste. Ce "vieux monsieur" nous laisse entendre que l'on ne peut pas laisser les choses se faire comme aujourd'hui dans notre monde. Il ne faut pas se laisser faire, et surtout ne pas dire "je n'y peux rien."
Indignez-vous n'est pas simplement un constat, c'est un appel, une prise de position.
Simple et efficace, il est lu en 30 minutes !
A se procurer dans toutes les librairies pour pas cher !

20110124

Le lac des cygnes


Opéra de Strasbourg - 21 janvier.
C'était pour moi la première fois que je me rendais à un ballet classique dans un opéra. Le Lac des cygnes est celui qui est le plus joué dans le monde de nos jours. Créé par Tchaïkovsky en 1877 en Russie, il était ici représenté par le ballet de l'opéra national du Rhin. Découpé en quatre actes, il reprend une légende allemande d'un jeune homme, déchiré par l'amour impossible qui décide de fuir sa maison familiale la nuit de sa majorité.
Subtilement actualisé, ce spectacle est d'une beauté surprenante. Ne connaissant rien à la danse, je ne peux juger la performance des acteurs mais ce que j'ai vu était magnifique.
Et puis, dans l'opéra de Strasbourg, avec la musique en direct, c'est quand même extra !

20110123

De leur temps - 3 / Le prix Marcel Duchamp


Bruno Peinado - Exil

Musée d'Art Moderne et Contemporain de Strasbourg, jusqu'au 13 février.
Il s'agit du troisième volet d'une exposition déjà présentée à Tourcoing et Grenoble qui vise à montrer la création contemporaine en France.
Uniquement orientée sur le Prix Marcel Duchamp, cette édition fait un tour complet des grands artistes de notre pays, en traversant sept thèmes.
Grande diversité d'œuvres présentées, avec des pièces qui sont devenues très connues et médiatisées, cette exposition vaut le détour.
Vous pourrez y voir Veilhan, Varini, Barbier, Trouvé, Couturier, Cognée, Poitevin, Blazy, Ramette, Frize, Gaillard, Lévêque...
Une deuxième partie est installée au Frac Alsace qui malheureusement ne se situe pas à Strasbourg mais à Sélestat. Je n'ai donc pas pu la voir.

Lien :
De leur temps

Figures de l'humain : L'autre e(s)t moi


Sung-A Yoon - How to manage with or without hundred "A" - 2001 - 7'43

A la galerie du Granit, Belfort.
Figures de l'humain est une exposition présentée en deux parties, entre la galerie du théâtre et l'école d'art Jacot, présentant toutes les deux des œuvres tournant autour de l'idée de la représentation de l'humain dans l'art contemporain.
Cela fonctionne plutôt bien, avec une présentation de médiums bien différents, de la photo à l'objet en passant par la vidéo et le dessin.
La vidéo de l'artiste coréenne Sung-A Yoon, présentée à la galerie, est une façon très humoristique de parler de notre grande diversité de cultures, langues,...
Pas mal !

Liens :
Théâtre Granit
école d'art Gérard Jacot

Jusqu'ici tout va bien - Espace Gantner


Le collectif suisse !Mediengruppe Bitnik s'empare de l'espace Gantner de Bourogne (90) pour une exposition qui montre très bien leur démarche.
Le hacking (piratage) est leur médium. Ils utilisent les nouveaux médias de notre société et s'amusent à les détourner.
Entres autres, ils ont diffusé sur des écrans de contrôle de vidéo surveillance un jeu d'échec avec un dialogue simple : "Veux-tu jouer avec moi ? je suis les noirs et toi les blancs." (Chess for CCTV Operators).
Dans un autre contexte, ils ont installé des micros dans un opéra et ont appelé des gens pendant la représentation, leur faisant ainsi écouter l'opéra en direct par le biais du téléphone. (Opera calling - Arias for all)
Ils ont aussi écrit une sorte de manifeste : Instructions pour une dérive, qui vise à faire suivre correctement quelqu'un qui sort d'un établissement financier et d'en faire un compte rendu par téléphone à un numéro donné.
L'espace Gantner est un lieu d'exposition unique en son genre, axé sur l'art et les nouveaux médias. Il possède notamment une collection d'œuvres numériques et une médiathèque impressionantes. Il serait dommage de ne pas connaître cet endroit !

Liens :
OSS/*** : œuvre de la collection en ligne
Bitnik - le collectif
Espace Gantner

Geste serpentine et autres prophéties


Antony Gormley - Firmament III - 2009 - éléments en acier inoxydable - 3.81x10.942x6.97m

Frac Lorraine, jusqu'au 1er mai.
L'apocalypse, le déclin, la fin du monde pour 2012... Qu'en pensent les artistes ? Réponse partiellement développée dans cette exposition où, au grand bonheur du visiteur, la vidéo n'est pas le médium dominant cette fois !
Deux pièces sont particulièrement attrayantes et reflètent bien le thème de l'exposition. Il s'agit d'une structure en fer hallucinante d'Antony Gormley, remplissant un espace et un film de Werner Herzog avec des plans magnifiques dont on a du mal à en croire leur réalité.
A voir.

Lien :
FRAC Lorraine

20101230

Regionale 11 - Kunsthalle Mulhouse


Patrick Steffen - Vorhang #4 - 2010 - papier découpé - 430 x 540cm

Deuxième partie de ma visite de la Regionale 11 (suite à la galerie Apollonia à Strasbourg).
Comme souvent à la Kunsthalle de Mulhouse, je sors déçu de l'exposition par un manque de coordination entre les œuvres dont la plupart sont très conceptuelles et demandent une explication concrète pour être comprises. Le fait que cet évènement soit international, qu'il efface les frontières entre la France la Suisse et l'Allemagne ne se fait pas tellement ressentir.

Tinguely a froid


Bâle est une ville qui recèle de surprises artistiques. La place du théâtre en est un exemple permanent avec une œuvre imposante de Richard Serra (pléonasme !), à côté de la fontaine du théâtre par Jean Tinguely qui cet hiver a bien pris froid !
A peine plus loin, sur un grand mur, souvent investi par des artistes, nous pouvons admirer un Wall Painting de Fabio Marco Pirovino.
A voir aussi, au musée Vitra tout près de Bâle, en Allemagne, une exposition sur le grand architecte Frank O. Gehry, depuis 1997.
Toutes les infos dans la revue bâloise Artinside !

Warhol - années sixties


Kunstmuseum Bâle. Jusqu'au 23 janvier.
Cette exposition m'a beaucoup déçue. Déjà, Warhol est un artiste dont on connaît tout le travail. De plus, j'avais vu l'an dernier l'exposition au Grand Palais à Paris qui présentait un nombre bien plus important d'œuvres. Ici, on reste un peu sur notre faim.
La chose nouvelle, que j'ai appréciée, c'est le fait de montrer les originaux des journaux ou autres supports qui servaient à l'artiste pour créer ses peintures.
Enfin, ce n'est pas ce qui a de plus urgent à voir à Bâle en ce moment, et je pense qu'il vaut mieux profiter de l'exposition Under destruction au Musée Tinguely, que j'ai malheureusement loupée !

Liens :
Warhol au Kunstmuseum
Under destruction au musée Tinguely

Wien 1900 - Klimt, Schiele und ihre Zeit


Vienne 1900 - Klimt, Schiele et leur temps à la fondation Beyeler jusqu'au 16 janvier.
Comme souvent, la fondation Beyeler marque encore un bon point avec cette magnifique exposition.
Il est relativement rare de voir autant de dessins de ces artistes viennois, essentiellement conservés dans la ville concernée. Cet accrochage en montre un nombre incroyables, tous très connus par leur reproductions dans des livres ou ailleurs. Mais ce n'est pas seulement une exposition de dessins car la scénographie nous offre des espaces bien différents qui présentent très justement les différents domaines touchés par la Sécession viennoise et la Wiener Werkstätte (Ateliers viennois). Après les salles dédiées aux artistes, Schiele, Klimt, Kokoshka et bien d'autres encore, on peut voir une ouverture sur les arts décoratifs, l'architecture,...
Tout y est. Même une petite salle, presque comme un recoin, très habilement amené, appelé Klimt, Schiele, cabinet érotique, dans lequel sont exposés par exemple les dessins qui auront valu la prison au jeune Egon Schiele.
Pour une suite logique et intéressante, il aurait fallu visiter après cette exposition celle de Mondrian / De Stijl à Beaubourg car la Sécession viennoise est sans doute une brèche dans le monde de l'art dans laquelle les Mondrian et Van Doesburg ont largement puisé.
(Cette exposition était présentée au Grand Palais fin 2005 début 2006)
Exceptionnelle.

Lien :
Vienne 1900 - fondation Beyeler

20101220

Galeries parisiennes


Peter Downsbrough chez Martine Aboucaya

J'ai passé deux après-midis à errer dans les quartiers des galeries d'art parisiennes, en visitant une quinzaine d'entre elles.
Les incontournables comme Perrotin, des plus petites comme Marie Cini. Ce qui est bien à Paris, c'est qu'il y a déjà des expositions monumentales, des rétrospectives d'artistes très connus,... Mais il y a aussi une grande série de galeries qui présentent leurs artistes et on en apprend bien plus en visitant 15 galeries sans faire de queue !
J'ai particulièrement apprécié la galerie Martine Aboucaya qui présentait jusqu'au 18 décembre Peter Downsbrough, que je connais bien (cf Downsbrough à la BF15 en octobre par exemple !). Le plus des galeries, c'est aussi de pouvoir parler avec les gérants et prendre contact avec les artistes !
J'ai découvert une galerie particulière : Espace Topographie de l'art, sorte de hangar, sous une verrière un peu comme au Palais de Tokyo mais avec des murs et le sol en béton brut, qui présentait L'art en édition. Sérigraphies, dessins, différentes techniques d'impression. Vera Molnar, François Morellet,... La présentation des productions était très simple, mais elle permettait une bonne lecture.

Liens :
Galerie Loevenbruck
Galerie Perrotin
Martine Aboucaya
Topographie de l'art
Galerie Torri
Galerie Richard

Monet


Femme au jardin - 1866

Grand Palais. Jusqu'au 24 janvier.
Les incontournables expositions du Grand Palais continuent leur démonstration avec cette rétrospective Monet (1840-1926) d'une richesse absolue.
Tous les espaces présentent les différents aspects de l'œuvre picturale de l’impressionniste. La forêt de Fontainebleau, la Normandie, Au fil de la Seine, Paris, les paysages, les portraits et natures mortes, les cathédrales, Londres, Venise,... Tout y est. La dernière salle présente les nymphéas et jardins, en lien avec la salle des Nymphéas, visible au musée de l'Orangerie. (Et le triptyque des Nymphéas présent à la fondation Beyeler pour ceux qui voient !)
Ces peintures enferment une luminosité incroyable, et une palette de couleur sans égal. Monet est un des peintres que je préfère dans l'histoire de l'art, c'est pourquoi, faire 3 heures de queue pour cette exposition ne m'ont pas fait peur. Même si les conditions de visite ne sont pas optimales dans ce cas-là !
A ne rater sous aucun prétexte.

Lien :
Grand Palais

Heinrich Kühn


A la recherche de la photographie parfaite. Jusqu'au 24 janvier à l'Orangerie. Avec le musée d'Orsay.
Suite à Kertész au Jeu de Paume, il suffit de traverser le jardin des Tuileries dans le sens de la largeur pour accéder à cette deuxième exposition photographique, bien différente mais qui mérite aussi d'être visiter.
Kühn exerce la photographie à la fin du XIXème siècle et au tout début du XXème, ce qui donne une richesse particulière aux œuvres exposées car il s'agit d'épreuves que l'on ne voit plus de nos jours, avec une qualité plastique, du grain en relief...
Portraitiste dans une période de sa vie où il est contraint de réaliser des commandes pour avoir de l'argent, son travail est relativement complet avec des natures mortes, des essais sur la lumière et des autochromes qui sont projetés (comme à l'époque) car leur reproduction ne se fait que sous forme d'impression photomécanique.
Très belle exposition qui montre un peu comment créer la photographie lorsqu'elle n'a pas été encore complètement inventée ! Kühn arrive néanmoins à des résultats surprenant, qui se rapproche vraiment de la peinture. Est-ce cela la photographie parfaite ?

Lien :
Kühn à l'Orangerie

Kertész


Exposition monographique au Jeu de Paume.
Kertész est un artiste photographe hongrois qui a du fuir la France qu'il avait rejointe en 1925, sa nationalité faisant de lui un ennemi. Il part dont à New York en 1936, où il deviendra citoyen américain.
Tout son travail montre la simplicité de la vie quotidienne avec une qualité plastique irréprochable. Des photos que l'on pourrait prendre tous les jours, mais avec un détail qui la rend belle. Souvent ce détail, cher à Kertész, c'est me cadrage. D'un même négatif, on peut parfois voir 5 photos complètement différente, et la dernière de la série, souvent très simplifiée, ne présentant plus qu'un élément, est la plus élaborée.
Cette grande exposition montre toutes les étapes de l'oeuvre du photographe. Des portraits de famille aux magnifiques séries de cheminées en passant par les distorsions ou les ombres.
Il s'agit d'une très belle exposition que tous les amoureux de la photographie doivent voir, jusqu'au 06 février.

Lien :
André Kertész au Jeu de Paume

Nancy Spero


Cette artiste américaine décédée en 2009 est l'une des premières à avoir un engagement féministe dans son art. Au centre Pompidou, jusqu'au 10 janvier est présentée une soixantaine de dessins, sérigraphies, lithographies retraçant son parcours, marqué dès le milieu des années soixante par un fort engagement politique contre la guerre du Viêt Nam.
Une série de dessins fait suite à la lecture des écrits d'Antonin Artaud, et c'est dans cette dernière que l'on commence à sentir une revendication de femme-artiste, qui la suivra jusque dans ses dernières productions.
Ce parcours chronologique permet une très belle découverte de cette grande artiste, juste à côté de l'exposition permanente Elles, dans laquelle Nancy Spero tient une place importante, évidemment ! Bel écho.
A voir.

Lien :
Nancy Spero au Centre Pompidou

Orozco


La galerie Sud du Centre Pompidou. Sans cimaises... Un grand espace, ouvert sur l'extérieur. Reflet du travail de Gabriel Orozco qui refuse toute identification régionale ou nationale. Artiste en perpétuel mouvement, son travail ne connait pas de frontières.
La simplicité absolue : quelques dessins, collages, photos au mur et trois lignes d'objets au sol ou sur des tréteaux, façon marché, communicant avec l'extérieur et rappelant donc l'importance de l'espace public dans son œuvre.
La diversité de son travail est surprenante.
Cette exposition m'a vraiment plu car j'en partage les idées. De plus, Orozco crée spécialement pour cette occasion une performance qui consiste à employer des policiers mexicains "importés" pour surveiller l'espace, ce qui se rapproche beaucoup de ma démarche personnelle.
Ces policiers nous empêche de prendre des photos des œuvres... J'ai d'ailleurs été pris en flagrant délit. Jeme suis alors demandé quels étaient leur consigne si un visiteur récidivait... J'ai donc pris en photo une policière de face, à 50cm. Sa réaction fut surprenante : elle a posé en me disant, "moi je m'en fous, je ne suis pas une œuvre !". J'ai presque été déçu.
A voir.

Arman



Le grand cello - 1963

Il s'agit de la rétrospective d'un des plus grands artistes français de l'art moderne et contemporain : Arman, décédé en 2005.
Comme à son habitude, le musée national d'art moderne retrace de façon très complète et bien documentée la vie et l'œuvre de l'artiste.
Un parcours de 7 salles, débuté par la peinture qui le mène à l'objet et conclu par le retour à la peinture dans ses compositions (J'ai refait le peintre). Ce n'est pas un parcours chronologique mais thématique très bien construit.
Toutes les facettes du travail d'Arman sont ici bien représentées et toutes les œuvres majeures sont là.
Son travail méritait une exposition comme celle-là et elle-même mérite un coup d'œil ! Arman est à découvrir ou redécouvrir au Centre Pompidou Paris jusqu'au 10 janvier...

Lien :
Arman - Centre Pompidou

Le Pavillon / Index of


Le sous-sol actuel du Palais de Tokyo, fermé au public, c'est 9000m² de chantier à peine débuté. Depuis le déménagement de la Cinémathèque française dans les années 1980, cet immense étage reste en friche et devrait donné de nouveaux espaces d'exposition en 2012 pour le musée.
Il a été investi par le Pavillon, laboratoire de création du Palais de Tokyo, avec l'exposition Index Of, une proposition d'Alain Declercq.
Les artistes exposants sont ceux qui sont en résidence au Pavillon.
Les nouvelles pièces présentées n'étaient pas exceptionnelles, mise à part Alight d'Elisabeth S. Clark, une étincelle, maintenue allumée durant tout le temps de l'exposition et traversant de part en part tout l'espace et Musique moins mélodie de Fabrice Pichat, une installation avec des barrière métallique de chantier qui vibrent. Alain Declercq et Jeanne Susplugas présentait aussi une pièce que j'avais déjà eu l'occasion d'apprécier.
Cette exposition m'a tout de même permis de découvrir ce qui se cachait sous les galeries permanentes du Palais de Tokyo, et c'est vraiment hallucinant ! Vivement que cela soit intelligemment réutilisé !

Lien :
Index Of - Palais de Tokyo

Fresh Hell


Rob Pruitt - Esprit du Corps - 2006

Exposition au palais de Tokyo, jusqu'au 16 janvier, carte blanche à Adam McEwen.
Confrontation entre sculptures médiévales et art conceptuel, entre artistes inconnus et grandes pointures, entre un coffre-fort et des tentatives de lévitations... Tout cela apporte dans l'exposition une fraîcheur sans cesse balayée par l'histoire, et réciproquement.
L'intérêt ici, en invitant cet artiste à créer l'exposition, c'est de montrer les différentes strates de la création.
Peintures, sculptures, vidéos, installations, un trop plein d'œuvres exposées ensemble dans un parcours qui est quelque peu chaotique et désordonné.
Maurizzio Cattelan, Walter De Maria, Valie Export, Dan Graham, entre autres !

Lien :
Fresh Hell - Palais de Tokyo

Larry Clark


Photos interdites ! En fait, comme ailleurs, mais là j'ai pas réussi à en prendre : les surveillants surveillaient bien. Bravo à eux.

Le Musée d'Art Moderne de la ville de Paris frappe un grand coup en cette fin d'année 2010 en présentant, en plus de Basquiat, Larry Clark jusqu'au 2 janvier.
Cette exposition a beaucoup fait parler suite à l'interdiction de la visite aux mineurs instaurée à l'ouverture. Sans vouloir rentrer dans le débat, il est effectivement triste de couper l'accès à ces photographies aux jeunes qui sont sans doute les plus concernés par ce qui est montré, mais certaines personnes, qui n'ont pas la même vision que moi (!) peuvent trouver cela choquant et refusent de le montrer à des adolescents. Il n'empêche que la pornographie et la pédophilie reprochées sont relativement absurdes !
En clair, cette exposition rétrospective du travail de l'artiste américain, première en son genre en France, présente de très beaux tirages photographiques qui montrent le monde américain des années 70 à aujourd'hui. Choisies par l'artiste lui-même, elles sont donc les pièces primordiales de son travail. Il installe une chronographie qui commence très adroitement par des photographies de sa mère, jusqu'à une série avec une jeune skater latino américain : Johnathan Velasquez.
A voir. En plus, cette exposition n'est pas complètement détachée du monde de Basquiat !

Lien :
Larry Clark au MAM VP

Basquiat


Basquiat investi la plus grande partie du Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris pour une exposition évènement qui restera accrochée jusqu'au 30 janvier !
Crée par la fondation Beyeler et présenté en son lieu à Bâle au début de l'été, j'avais maladroitement loupé cette exposition qui faisait déjà beaucoup de bruit. Cours de rattrapage réussi au Musée d'Art Moderne de la ville de Paris où la scénographie initiale peu modifiée présentait cet artiste unique en son genre.
Parcours chronologique, retraçant la vie extrêmement courte de Basquiat mais qui comporte quand même neuf salles !
De ses débuts dans le graff jusqu'à ses derniers jours, toutes les œuvres présentées montrent l'évolution de son travail. La quantité n'obstrue en rien la qualité, et c'est à se demander comment on aurait pu faire une exposition rétrospective dans le futur si Basquiat avait vécu jusqu'à nos jours ! Les cinq étages de Pompidou aurait peut-être fait l'affaire.
A voir ou à revoir.

Lien :
Basquiat au MAM VP

Mondrian / De Stijl


Du 1er décembre au 21 mars au centre Pompidou Paris.
De Stijl est un mouvement clé pour comprendre les sources de la modernité dans l'art, dans l'architecture et même dans le design. Cette exposition en présente les fondateurs avec principalement Mondrian, pionnier en peinture, à qui l'exposition est finalement dédiée. Théo Van Doesburg, chef de file du mouvement est aussi très largement représenté, et c'est tout naturel.On peut y voir ses travaux dans les différents domaines que sont la peinture, l'architecture, la critique d'art et bien sûr directeur de la revue De Stijl. Revue à laquelle il demandera la participation à Mondrian en 1917.
Cette exposition présente l'artiste peintre le plus connu de l'époque et est très largement complétée par les salles qui retracent l'histoire d'un mouvement fondamental en histoire de l'art, en y développant tous ces aspects, des œuvres majeures aux ateliers d'artiste en passant par la reconstitution d'appartements d'époques,...
A voir.

Lien :
Exposition Mondrian / De Stijl à Pompidou Paris

20101214

Regionale 11 - Accélérateur de particules


Claire Andrzejdzak, Sans titre - 2010

Galerie Apolonia à Strasbourg. Une exposition transfrontalière entre Suisse, Allemagne et France, visible dans 15 lieux. À la galerie strasbourgeoise, l'accrochage est organisé autour du rapport du corps du spectateur à l'œuvre. Les travaux sont peut-être trop différents ou trop importants, ce qui casse un petit peu la lecture de l'exposition.
J'ai été tout de même attiré par la pièce Sans titre de Claire Andrzejdzak (photo) qui se rapproche de ma propre production.
J'espère pouvoir visiter d'autres lieux qui proposent cette exposition Regionale, notamment la Kunsthalle de Mulhouse et les différents musées ou galeries bâlois !

Lien :
Regionale 11

Nicolas Rubinstein au Lieu Unique


Un court weekend à Nantes pour participer à un défilé de robes en bois (notre création en ligne sur mon site dans la partie Travaux / Objet fin décembre) m'a permi de visiter le Lieu Unique. Dans un entrepôt dominé par la tour Lefèvre Utile des fameux biscuits nantais LU se situent une superbe librairie et un magasin original. Et l'exposition proposait une installation de Nicolas Rubinstein : un cimetière façon Omaha mais venu d'une autre ère. Croix en os et squelette de dinosaure ailé surplombant le tout. Univers particulier installé sur un gazon synthétique d'un vert surnaturel. Un peu déroutant...

Lien :
Lieu Unique

20101206

Olivier Leroi - Une plume dans le Q.I.


Frange - 2005 - plume de coq

Exposition à la galerie du granit à Belfort. Jusqu'au 5 janvier 2011.
"Une plume est un morceau de vivant qui a l'air fini, une partie de l'oiseau qu'il peut perdre sans s'en apercevoir, laissant à celui qui la trouve la mémoire de son vol." Olivier Leroi.
Dessins, collages, objets détournés, installation, tout ici nous ramène à l'élément plume. Tout ou presque, car autour de l'un des piliers de l'architecture complexe de la galerie, nous pouvons voir une cravate qui sert de porte couteau de boucher.
L'artiste a d'abord reçu une formation de forestier avant de se lancer dans les arts plastiques. Cette exposition montre bien qu'il crée à partir de vécu, de sensations, de ses propres expériences.
Amusant parfois, avec des collages dignes du surréalisme ou des cabanes pour mésanges avec des entrées en formes géométriques simples (La géométrie enseignée aux mésanges). Surprenant aussi avec Le mièvre et la tortue, des charentaises dans de grosses sculptures en fonte d'aluminium).
La pièce qui m'a le plus interpellée est une installation présentant une cage en trois parties communicantes. Une bleu, une blanche une rouge. Dedans, un canari et de la nourriture. Se retrouver face à un petit être vivant qui vous regarde, l'air de dire "Qu'ai-je bien pu faire pour en arriver là ?" produit une sensation étrange, de malaise. Lors de notre déambulation dans la galerie, on l'entend qui se meut dans son espace... Avant de partir, je retourne le voir... un échange de regards, une tentative de jeu mais l'oiseau apeuré se cache tant qu'il peu derrière sa grille. Cette œuvre s'appelle L'expérience du territoire.
Exposition à vivre.

Festival Entrevues


Le festival Entrevues est chaque année l'occasion de profiter d'une programmation exceptionnelle pour un tarif qui ne l'est pas moins. Le Pass étudiant est à 5 euros et permet un accès illimité durant toute la semaine. Il m'a permis de voir 19 films.
Plusieurs thèmes sont proposés. Le premier, "Je me souviens... des premiers films de Kira Mouratova". Je n'ai vu qu'un film de cette partie : Brèves Rencontres. L'histoire d'une femme responsable du logement au Conseil Municipal d'une ville de province. Jouée par Mouratova elle-même, elle va nous montrer la situation délicate vécue en Russie, partagée entre les pressions de ceux qui veulent un logement et la corruption de ceux qui les fabriquent. A cela se lie son histoire personnelle qui n'arrange rien. C'est un film d'auteur qui n'a pu que déplaire aux bureaucrates qui lui ont réservé une critique sévère et une sortie confidentielle.
L'hommage cette année était à Abel Ferrara. J'en ai largement profité avec The king of New York et Nos funérailles d'abord, que je regroupe. Ce sont deux films de gangsters qui traitent de mafia à New York, un petit peu à la manière de Scorcese sans en être à la hauteur. On y voit un excellent Christopher Walken. Ensuite, The Driller Killer et The addiction traitent eux d'un sujet plus psychologiques avec la descente de enfer d'un tueur en série ou de vampires modernes. Très bien réalisés, ils font vivre un moment de cinéma haletant !
L'intégrale, dédiée cette année à Tout Pic Pic André. Une maison de production de films d'animation de Bruxelles. Je n'ai découvert leur travail qu'en fin de semaine et c'est bien regrettable car les deux films que j'ai pu voir, l'un étant celui de leur sortie d'études et l'autre leur plus récent, m'ont énormément plu. Suivis d'une rencontre, j'ai pu apprendre à les connaitre un peu mieux. En tous cas, je vous conseille Le voleur de Cirque et Panique au village !
Vincent Patar et Stéphane Aubier, producteurs de PicPic André, avaient carte blanche cette année. Ils proposaient quatre films. J'ai raté La fiancée de Frankenstein de James Whale, mais j'ai vu un excellent film comique de Jean-Pierre Mocky avec Bourvil : Un drôle de paroissien. L'histoire rondement menée parle de l'église avec une dérision sans fin. Mocky prend à la légère un sujet qui pourrait être très sérieux.
Enfin, la Transversale proposait cette année des films de Piratages. De toutes les époques, de tous les genres, de l'Âge d'or de Bunuel à Démineurs de Katheryn Bigelow. Cette transversale m'a permis de voir des films de JLG avec Soigne ta droite, très bien et Ici et ailleurs, moins bien ! Il m'a surtout permis de découvrir l'excellente Katheryn Bigelow avec Point Break, Blue Steel, Démineurs. Très bien filmés, bons scénarios. A voir.
The Yes Men, documentaire sur un groupe du même nom, traite d'un cyber-piratage de l'OMC et des suites de cette action. Il montre de façon réaliste la crédulité des grands ce ce monde. Excellent.
Ce festival Entrevues a encore été une très bonne expérience. Vivement l'an prochain !

20101130

Site Le Corbusier - Firminy


Suite logique de ma série Le Corbusier : après la visite de l'unité d'habitation de Briey, de la chapelle de Ronchamp et du couvent de la Tourette (à venir), j'ai visité le site de Le Corbusier à Firminy, comprenant une église, l'unité d'habitation, une piscine, un centre culturel et un stade.
L'unité d'habitation est construite de la même façon que celle de Briey mais en moins aboutie selon moi.
Le stade présente une simplicité déconcertante, et se fond dans le terrain valloné. Le centre culturel et la piscine sont des construction sans grand intérêt, on y retrouve le béton brut et les lignes simples.
L'église par contre est tout à fait surprenante avec une structure très inhabituelle et une hauteur qui ne lui permet pas de célébrer des messes pour cause de résonnance trop accrue ! La lumière est gérée de façon formidable, avec une ouverture sur le ciel en constellation dans le mur principal, face à la tribune !
A visiter.

Lien :
Site Le Corbusier

Musée d'Art Moderne - Saint-Etienne Métropole


Joseph Kosuth - Five words in yellow neon - 1966

Perspectives Contemporaines du 18 septembre au 28 novembre 2010.
Très belle exposition dans un musée qui propose des espaces immenses. Les différentes salles présentent des œuvres majeures, souvent de la collection même du musée.
Orlan, Pistoletto, Gilbert and Georges, Lavier, Kosuth, Warhol, Fabre,...
Des œuvres importantes, un parcours riche et varié dans sept parties du monde post-contemporain !
A voir.

Lien :
MAM Saint-Étienne Métropole

Musée d'Art et d'Industrie


Situé dans un grand bâtiment à l'architecture imposante et très stricte, ce musée offre une découverte les différentes branches industrielles de la région stéphannoise. Rubans, bicyclettes, armes et un étage de design.
Pour des raisons personnelles de cycliste fanatique, j'ai passé la partie la plus importante de ma visite à l'étage moins 1 où était présenté une histoire de la bicyclette complète mais qui malheureusement s'arrête en 2005 avec comme modèle le plus contemporain le vélo de Thor Hushovd pour un contre la montre du Tour de France (photo) ! Néanmoins, on perçoit très bien l'évolution de la petite reine, de la draisienne sans pédales au vélo à commande vocale en passant par des vélos qui ont battu des records
hallucinants !
La partie des armes présentait de la même manière les différentes pièces fabriquées par la manufacture d'armes de St-Etienne, qui fabrique encore aujourd'hui le FAMAS (Fusil d'Assaut de la Manufacture d'Armes de St-Etienne) pour l'armée. Le musée tente ici un petit parallèle avec l'utilisation d'armes dans l'art contemporain avec trois ou quatre œuvres un peu perdues...
Je pense sincèrement que ce musée n'est pas une priorité ! Sauf pour des passionnés de vélo, d'armes ou de rubans !

Lien :
Ville de St-Etienne - musée d'art et d'industrie

Biennale de design - Saint-Etienne


Grâce à l'école de Mulhouse et le lien étroit entre les écoles d'art du grand Est, j'ai pu participé au déplacement à Saint-Étienne, pas prévu à Metz.
Pour résumer, cette biennale de design m'a un peu déçu. Je m'attendais à quelque chose de plus exceptionnel, plus varié dans les objets présentés.
Un nombre incalculable de projets présentaient des créations pour le futur, avec l'hypothèse que la téléportation ou d'autres choses de ce genre existent. La partie Entreprise (produite par l'École Supérieure d'Arts et de Design) prend ce parti-prix et l'assume, cela est compréhensible et fonctionne.
Seulement, dans les parties Ville Mobile, Aujourd'hui c'est demain, Comfort, cela m'a beaucoup déçu. C'est comme si l'on était à cours d'imagination avec les possibilités actuelles et que nous étions obligés d'inventer des utopies.
Néanmoins, l'espace Ville Mobile est celui qui m'aura le plus intéressé, avec des projets qui tentent de faire évoluer les villes modernes, ultra saturées et rapides. Seulement, ces projets restent trop souvent irréalisés, comme ceux qui sont pensés pour aider les marginalisés !
Ce que j'ai trouvé regrettable aussi pour cette première expérience, c'est le manque d'ouverture vers les designs plus "pointus", comme le design sonore, le design culinaire, le design textile... Trop peu de travaux sont montrés dans ces différents domaines.
Enfin, la scénographie présentée est d'une simplicité déconcertante, avec des modules en aggloméré, très discrets certes, mais moches, parfois mal montés ! Peut-être serait-il intéressant de monter un système d'exposition avec un mobilier au design étudié...

Lien :
Biennale du design 2010

20101120

Colloque - Chef d'œuvres


Colloque international proposé par l'université Paul-Verlaine à Metz. Je n'ai participé que le vendredi de 10h30 à 16h mais la plupart des intervenants étaient de qualité et montraient des exposés intéressants. J'ai pu profiter d'une revue de chef d'œuvres dans les domaines bien différents que sont l'architecture, le cinéma, ou la scénographie. Notamment le thème de chef d'œuvres en scénographie et muséographie avec une très belle intervention de Claire Lahuerta, qui a été très éclairante sur la scénographie de l'exposition Chef d'œuvres ? au Centre Pompidou Metz.

Quand performance rime avec endurance - frac


L'un des 6 cours du cycle "Vidéo et art contemporain" proposé par le FRAC Lorraine et mené par Roselyne Bouvier, enseignante à l'école de l'image à Épinal.
La performance étant l'un de mes médium de recherche, je me suis rendu à cette conférence qui m'a déçue.
D'une part elle ne répondait pas à mon attente, car elle traitait uniquement de performances filmiques, et même souvent d'œuvres vidéo où la performance était un support pour le sujet. Cela parait plutôt normal, puisque l'ensemble du cycle porte sur la vidéo dans l'art contemporain ! Mais je pensais qu'on allait ici s'en écarter.
D'autre part, j'ai trouvé le cours finalement très élémentaire, avec des exemples pour la plupart connus et pas profondément développés.
Les prochains cours se dérouleront jusqu'en mars. (détails : lien ci-dessous)

Lien
FRAC - Vidéo et art contemporain